Réforme du code électoral au Cameroun : Clé de lecture pour la compréhension de la pertinence de l'action des partis d'opposition

Réforme du code électoral au Cameroun : Clé de lecture pour la compréhension de la pertinence de l'action des partis d'opposition

La qualité d'un code électoral susceptible d'induire,  en partie,  des pratiques politiques de qualité,  tient tout d'abord à la qualité du processus ayant conduit à sa formalisation,  selon que ce dernier aura été consensuel,  ouvert,  participatif. Un code électoral n'a de chance de servir de catalyseur à des pratiques politiques de qualité, sans toutefois les garantir de manière certaine,  que si il est effectivement le révélateur d'un processus consensuel,  et non le résultat d'une entreprise de domination politique ou,  plus exactement,  d'abus de position dominante ou hégémonique. Un code électoral adopté à travers un processus politique,  C'est la qualité même de ce processus à la base qui est de nature à déteindre sur l'orientation des comportements politiques ultérieurs des acteurs politiques.

 La qualité d'un texte électoral tient ensuite à la qualité substantielle de celui-ci. Il ne suffit pas en effet de s'en tenir aux aspects liés au processus de parturition du texte. Encore faut-il attentivement scruter Si, au regard de son contenu, la norme produite est de nature à servir de véhicule à des pratiques politiques de de qualité.

 La qualité tient enfin du respect de la norme électorale de la part des différents acteurs. Bien que tout texte de loi soit susceptible d'amélioration , de critique,  et même qu'il puisse être nécessaire de le combattre, le respect d'une norme se caractérise par sa soumission à celle-ci et le rejet des logiques insurrectionnelles. Car, chaque acteur doit inscrire son investissement politique dans le cadre balisé par la loi, quitte à œuvrer à son amélioration ultérieure.  Ceci est une attitude qui ne peut que favoriser des mœurs politiques empreintes de civilité, de respect des autres protagonistes politiques, de fair-play...

  Il apparaît donc tout à fait logique que la réforme du code électoral soit une préoccupation majeure de l'opposition. Ce d'autant plus que marches, boycotts,  meetings,  pétitions,  communiqués et conférence de presse,  villes mortes,  désobéissance civile...dans plupart des États africains subsahariens,  principalement au Cameroun n'ont pas porté leurs fruits C'est à dire inverser le rapport de force pour permettre à l'opposition d'accéder au pouvoir.  Qui plus est,  les dernières élections législatives et municipales se sont inscrites sur la pente de leurs ancêtres avec les mêmes atomes crochus, les mêmes tares et avatars,  les mêmes récriminations et contestations,  les mêmes contingences,  les mêmes sonorités dissonantes au sein des différentes formations politiques et de la société civil : fraude électorale,  falsification des procès-verbaux,  confusion entre l'organe électoral et les autorités administratives,  complaisance des agents d'ELECAM,  volonté manifeste d'exclure certains leaders et formations politiques, achat des consciences,  forte immixtion de l'élite politique dans les opérations de vote, absence des bulletins de certains partis dans les bureaux de vote.  C'est donc dans un tel contexte que s'inscrit cette plateforme de l'opposition visant à mutualiser leurs efforts pour se sauver de cette mort programmée ou se sortir de la panne dans laquelle elle se trouve.

  C'est à se demander de quel moyen d'action dispose l'opposition pour faire peser la balance en sa faveur?  Surtout lorsqu'on sait que les partis politiques présents à cette discussion ne disposent que de 16 députés cumulés et 7 sénateurs et que les autres n'en disposent d'aucun au parlement.  Elle ne dispose pas d'une marge de manœuvre nécessaire pour infléchir les décisions et les lois au parlement. Va-t-elle emprunter la voie de la rue pour se faire entendre malgré le fait que jusqu'ici cette recette n'a toujours pas porté ses fruits? Une désaffection des citoyens justifiée par l'incrédulité à l'égard des enfumages et trahisons des leaders des formations politiques dites de l'opposition qui,  d'après eux,  ne présentent et n'agissent pas comme des représentants de l'intérêt général et de la volonté des citoyens.  Ou alors, Va-t-elle se tourner vers la communauté internationale pour conditionner toute aide bilatérale ou multilatérale au respect affectif des droits humains et des libertés fondamentales, ainsi qu'à la mise en place d'institutions démocratiques avant des règles de jeu et un calendrier électoral connus d'avance et susceptibles de conduire à une alternance pacifique et loyale?

 Tout compte fait,  réformer le code électoral, doit se faire ni au bénéfice de l'opposition, encore moins du parti au pouvoir. La réflexion doit participer à la consolidation de la démocratie au Cameroun  et de permettre à tous les partis politiques de concourir à l'expression du suffrage universel qui est le fondement  constitutionnel de l'action des partis politiques au Cameroun comme l'indique l'article 3 de la constitution  *les partis et formations politiques concourent à l'expression du suffrage.  Ils doivent respecter les principes de la démocratie,  de la souveraineté et de l'unité nationale.  Ils se forment et exercent leurs activités conformément à la loi*

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