Ven, Sep 17, 2021

NON À LA VIOLENCE EN POLITIQUE

NON À LA VIOLENCE EN POLITIQUE

Faisant écho au « brutalisme », le Cameroun est devenu le lieu d’expression et de manifestation de violences protéiformes qui informent l’entrée de ce pays dans une « société du risque » et donc dans un « présent liquide » avec ses peurs et ses obsessions sécuritaires.

Au lendemain des élections présidentielles de 2018, de vives tensions socio-politiques ont émergé à la suite de la contestation par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de la réélection du président Paul Biya au pouvoir. La crise post-électorale qui s’est ouvert, a vu une partie de la diaspora acquise au MRC se radicaliser, puis se constituer en brigades pour prendre d’assaut les missions diplomatiques du Cameroun à l’étranger et organiser des marches de protestation lors de visites institutionnelles et/ou privées de hauts dirigeants camerounais. Pendant que la Brigade anti-sardinard (BAS), une organisation hostile au régime de Yaoundé, annonce une manifestation ce samedi pour perturber le séjour de Paul Biya en Suisse, au Cameroun, les pro-Biya promettent des représailles contre Maurice Kamto. En effet, ce lundi 12 juillet 2021, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montre un homme menace de mort l’opposant camerounais devant sa résidence au quartier Santa Barbara à Yaoundé.

Cette ambiance décrit en quelque sorte l'environnement cauchemardesque dans lequel baigne notre climat socio-politique depuis la fin de l'élection présidentielle d'octobre 2018. Pourtant,  Tous les soirs à 20 heures, nous devenons des télévoyeurs qui regardons à travers les images de fer, de feu, de sang, de morts qui nous sont montrées, les hommes jouer aux jeux mécanisés de la mort aux quatre coins du monde. Nous sommes quelque part fascinés par la violence et la mort. Fascinés par ces images que l’on nous distille et qui ne suscitent malheureusement aucune réflexion, mais une émotion. Et rien n’est plus éphémère qu’une émotion. Aussi, sur les réseaux sociaux, les tensions ethnicisées se multiplient comme l’illustre l’explosion de discours de haine (hate speech) entre les différentes communautés, et entre les citoyens vivant au Cameroun et ceux de la diaspora parfois très critiques vis-à-vis du régime camerounais.

Au regard de l'ampleur du contentieux et de la récurrence du discours sédicieux et haineux dans l'espace politique, il n y a plus aucun doute sur le véritable dilemme dans lequel navigue depuis trop longtemps nos concitoyens. Poser bêtement et naïvement la question de savoir où se situe notre << vivre ensemble>> aujourd'hui, peut paraître provocateur pour certains , insensé pour d'autres et même bouleversant à la fin. Pourtant, le sujet est chargé d'intrigues et de curiosité. Il ne me serait jamais venu à l'esprit de poser une telle question mais les événements qui bousculent notre pays ces derniers temps et surtout la manière dont quelques intellectuels, politiques, membres de la société civile et compatriotes de la diaspora , les ont abordés et gérés, imposent que nous nous remettons courageusement en cause.

Nos relations quotidiennes frisent au mariage de mauvais contrat où nous serions en permanence, le mauvais partenaire, celui qui ruse avec les termes de référence, et manipule les exigences et les principes de façon à renier ses obligations lorsque cela lui plaît.

Au nom de la politique aujourd'hui, les camerounais sont prêts à se tuer. La violence physique ou verbale est devenue l'arme de guerre de plusieurs compatriotes pour défendre leurs positions.

Nous avons raison de craindre que le discours de la violence, de la sécession, du tribalisme et de la haine, ventilé sous la forme d'une sentence sans procès équitable soit destiné à fuir nos responsabilités, à tourner le dos sans le dire, à l'appel à un vivre ensemble harmonieux malgré nos divergences. Il ne s'agit plus ici d'accuser le colon d'être la cause de notre désolation, mais ce sont notre être et notre paraître qui plombent notre bonheur et remettent en cause notre unité.

Les attitudes de défiance explicite et implicite à l'egard des politiciens que ceux-ci soient de la majorité ou de l'opposition doivent être condamnées avec la dernière énergie. il ne faut pas que le feu attire le feu. Car Un discours haineux peut provoquer des représailles. Pour toute société, soit nous acceptons de vivre ensemble, soit il y a des dérapages. En cas de dérapage, il faut que nos leaders rappellent leurs militants ou sympathisants à l'ordre. Face à un discours haineux, dangereux, il faut toujours opposer un discours rassembleur, pacifiste.C'est le lieu de rappeller la règle d’or qui doit guider les humains : Il faut faire aux autres ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi. C’est bon d’utiliser un discours rassembleur, pacifiste où tout le monde peut dire je me sens à l’aise. , la violence n’est pas la solution mais le problème. L’erreur serait de penser que la violence est humaine. Elle est fondamentalement inhumaine. Elle ne permet pas d’apporter une réponse humaine aux inévitables conflits qui naissent entre les hommes. Il faut trouver des alternatives à la violence comme méthodes d’action. Notre société est dominée par l’idéologie de la violence nécessaire, légitime et honorable. 

L'invention d'une politique de la violence qui ferait évoluer notre peuple sur une autre planète, procède d'une indéfendable hérésie au mieux, et d'une piètre fuite en avant de quelques citoyens. Quelques prises de position concernant le clivage entre majorité et opposition mériteraient d'être sérieusement reconsiderées, parce que la politique ne doit pas prendre en otage les camerounais au point de les diviser. Nous devons monter la garde et prendre la garde, afin de ne pas laisser à d'autres le soin de penser notre avenir ou nous le proposer comme ce fût le cas dans de nombreux pays où la communauté internationale ait intervenue pour "régler les conflits". Mais Malheureusement nous sommes toujours sourds pour ne pas écouter et aveugles pour ne pas voir cela.

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