Cardinal Pietro Parolin au Cameroun : une visite d'État sous fond de médiation de la crise au NOSO

Cardinal Pietro Parolin au Cameroun : une visite d'État sous fond de médiation de la crise au NOSO

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a entamé jeudi une visite de cinq jours dans le pays qui va le conduire notamment à Bamenda, au Nord-Ouest.  Ce vendredi, il a été reçu par le chef de l’État Paul Biya au palais présidentiel de l’Unité, a fait un tour au _foyer de l'espérance_ fondé par le jésuite père Yves Lescanne et a rencontré les évêques du pays au siège de la conférence épiscopale. Venu avec un message de paix, le numéro deux du Saint-Siège compte bien peser pour qu’un véritable dialogue puisse s’amorcer entre Yaoundé et les séparatistes. A indiqué la RFI.

  Le Vatican a toujours manifesté son attention à la crise dite anglophone dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun.  En effet, à  l'issue de l'audience générale du 28 octobre 2020, le Pape François avait exprimé sa douleur pour la mort d'élèves, tués dans leur école à Kumba. Il avait appelé à faire taire les armes dans cette région marquée par un conflit depuis plusieurs années.  On se souvient également que le Nonce apostolique au Cameroun et en Guinée Equatoriale, Mgr Julio Murat, avait été reçu en audience par le président Paul Biya, le lundi 18 Mars 2019 à Yaoundé. Mgr Murat était porteur d’une lettre du Pape François au président Biya.

Le Pape souhaitait des solutions justes et pacifiques pour la crise anglophone au Cameroun.  Ce d'autant plus que l'église catholique est une victime collatérale de cette crise comme en témoigne en novembre dernier lorsque le cardinal Christian Tumi, l’archevêque émérite de Douala, très engagé lui aussi pour la paix, avait été brièvement enlevé par des séparatistes ambazoniens, une prise d’otage qui avait provoqué la stupeur à Rome.  Il se rendra ce dimanche à Bamenda, chef-lieu de la région du nord-ouest et point d’orgue de son voyage, pour remettre le pallium à l’archevêque local Mgr Andrew Nkea, qui est déjà très engagé localement dans le dialogue entre belligérants. Le pallium est cette écharpe de laine qui symbolise l’union des archevêques avec le pape, manière de prouver que François reste très attentif à cette province.

  S'il y'a un domaine dans lequel les institutions religieuses auront fait preuve d'une expertise reconnue, c'est celui de la médiation dans les conflits politiques violents. Fortement détachés de par la sécularisation des positions de pouvoir,  les acteurs ecclésiaux font preuve d'une forte connaissance et imprégnation des enjeux géopolitiques de ce monde.  À titre d'illustration, En septembre 2013, le Pape avait appelé à une journée de prière interreligieuse pour la paix en Syrie, en opposition à un projet, finalement abandonné, d’intervention militaire franco-américaine. En novembre 2015, il s’est, à ses risques et périls, rendu en Centrafrique pour œuvrer au processus de paix et renouer des liens entre chrétiens et musulmans. À Bethléem, en mai 2014, il a invité les présidents Shimon Peres et Mahmoud Abbas à venir prier ensemble au Vatican le mois suivant et a marqué un arrêt impromptu  et réprobateur au pied du mur séparant Israël de la Palestine. Pour favoriser la réconciliation entre le pouvoir colombien et la rébellion des Farc, il a reçu au Vatican, en décembre 2016, Juan Manuel Santos et Álvaro Uribe, respectivement actuel et ancien chef de l’État, et s'était rendu à Bogotá en septembre de la même année. En Chine, il a repris langue avec les autorités concernant le statut et la nomination des prêtres catholiques qui refusent de faire allégeance au Parti communiste.

  Autant de faits qui montrent à quel point l'église catholique a toujours été soucieuse de rétablir la paix, la solidarite et l'unité dans le monde en proie à de multiples conflits.

 

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