Ven, Sep 17, 2021

All Stories

L'HUMANITÉ SE TROUVE ENTRE LES MAINS DE NOS MÈRES

J'adresse, en tout premier lieu, mes plus sincères félicitations et mes vœux de bonheur à toutes les Mamans qui nous entourent, et qui sont à l’honneur aujourd’hui. Bien que toutes différentes, les Mamans sont unies par cet amour maternel universel, que nous célébrons ce matin. Aussi, c’est avec un immense plaisir que je voudrais remercier toutes les Mamans, pour leur dévouement et l’amour qu’elles donnent chaque jour à leurs enfants.
  
    Je souhaite également associer à cette célébration toutes les familles. La famille est en effet un élément fondamental du développement de l’enfant. Il est donc important de souligner le rôle primordial des parents, qui doivent accompagner leurs enfants, en les aidants à devenir des personnes responsables et des futurs citoyens de demain. La mère est, depuis des générations et dans toutes les cultures, au centre de la famille. Mais je tiens aussi à souligner le rôle du père. Le père a la même responsabilité que la mère de prendre soin de ses enfants. Ces derniers ont besoin d’une mère, mais aussi d’un père.
 
 En ce temps de pandémie, le rôle des mères revêt une signification singulière. Les femmes, particulièrement les mères, sont au front sur tous les fronts et doivent gérer des situations pas toujours simples. Dans ce contexte, la conciliation famille-travail prend une tout autre dimension.  Le doute, l’incertitude et la fatigue… tout comme la résilience, l’adaptabilité et la créativité sont au menu quotidien.
 
Préparer les repas, faire la lessive, soigner, laver, consoler : voilà le lot quotidien des parents, et tout particulièrement des mères qui assument encore aujourd’hui une plus grande part de la charge familiale et domestique. Des exigences qu’elles doivent concilier, pour une majorité d’entre elles, avec leurs obligations professionnelles. En période de crise, avec les mesures de confinement et la fermeture des garderies et des écoles, les femmes ont plus que jamais été sollicitées pour prendre soin des enfants. Parfois aussi de leurs parents âgés, tout en veillant à l’organisation familiale.
 
 Il n'y a pas que en temps de crise sanitaire que les mères rencontrent des difficultés. Même en zone de conflit. En effet, Durant un conflit armé, ces dangers sont nombreux : violences sexuelles, déplacements forcés et aussi difficultés à trouver de la nourriture, un abri, des soins et un accès à l’éducation pour elles et leurs enfants. Tout en essayant d’assurer leur propre sécurité, elles doivent assurer le quotidien de leurs proches : Et au-delà des tâches traditionnelles, beaucoup participent de manière prépondérante aux efforts de paix et de reconstruction sociale durant et après les conflits.  Je pense à ces femmes lâchement assassinées dans les regions du nord-Ouest et du sud-ouest par des separatistes avide de terreur et sang. Florence Ayafort, Achiri Comfort Tumassang, Mbah Treasure et la liste est loin d'être exhaustive pour toutes ces femmes et mères tombées sous le coup des séparatistes, porteuses des germes d'un retour à la paix et privant leurs enfants de continuer à bénéficier de l'affection maternelle.  
 
Notre vocabulaire est bien pauvre pour rendre hommage à des mamans, quand on sait à quel point ces femmes sont extraordinaires, dévouées, généreuses, patientes, aimantes, faisant preuve d'un don de soi sans limite.  Je m'incline humblement et avec respect, devant toutes les mères en leur souhaitant avec ferveur, un océan de sentiments qui font du bien à l'âme et au corps. Que chaque jour qui vient soit une perpétuelle fête des Mères, en prenant les couleurs prismées de toutes vos espérances
I wish all the wonderful mothers of humanity to enjoy their special day and spend a great time with their family. Chères mamans, très bonne fête.
 
L'HUMANITÉ SE TROUVE ENTRE LES MAINS DE NOS MÈRES

Décès du maréchal Deby: un grand vide pour son peuple et l’Afrique dans la lutte contre l'insécurité

Idriss Deby a suffisamment démontré son indifférence aux dangers qu'il s'est attiré. Il était sûr de son fait, prêt à aller jusqu'au bout de sa logique, quoi qu'il arrive. Les morts, qui s'accumulaient à chaque bataille, ne semblait pas l'effrayer outre mesure.  Le président vient de s'associer au premier mort d'un conflit entre les forces républicaines et les rebelles.   On n'entendra donc plus le timbre familier de la voix du président Deby. Depuis le mardi 20 avril, ce vieux routier de la politique africaine, qui partait au combat avec un ton monocorde, un courage incisif et des regards moqueurs, est tombé dans la mort.  La séquence est troublante, il est mortellement blessé. Une disparition soudaine et brutale qui laisse un grand vide et une période de suspicion.

  D'abord pour ses troupes au combat. En effet plus encore, un chef militaire donne l'exemple, marchant devant ses troupes. Paradoxalement, il est à la fois un visionnaire et un pragmatique.

 Deby a souvent été considéré comme le premier grand chef militaire de son pays, d'où son titre de "maréchal". Il a pu recruter et mobiliser des troupes pour combattre plusieurs rébellions, car il savait que ses effectifs étaient largement supérieurs à ceux de ses adversaires. 

Grâce à sa totale liberté d'initiative, son armée a toujours su compter sur lui. Il était toujours capable, avant même la confrontation, de concevoir sa manœuvre, de planifier l'utilisation de ses forces et d'anticiper les réactions de l'ennemi de manière rapide et efficace.  Cela montre l'importance que Deby, en tant que chef militaire, représentait pour son armée, avec, d'une part, un charisme qui magnétisait ses troupes et, d'autre part, une vision globale et stratégique, tout en étant très pragmatique. 

 Toutes les morts ne sont pas égales, et celles qui surviennent sur les champs de bataille ont une particularité : elles se présentent comme le résultat statufié d'une " loterie tragique " où les soldats tombent avant un terme plus " naturel ". La mort au front trouble par son ambiguïté, elle est injuste et pourtant admise, soudaine et prévisible à la fois : elle dérange plus que toute autre par le charisme de la victime et le vide qu'elle laisse.

Elle laisse ensuite une nation orpheline et dans l'incertitude.  Bien sûr, la mort d'un leader peut toujours mettre en danger la cohésion d'une nation. C'est sans doute l'espoir des rebelles avec la mort de Deby. Ce n'est pas un mauvais calcul. Mais une analyse rapide de la situation sur le terrain conduit à ne pas parier sur une évolution positive dans le sens souhaité par les rebelles.  Il est possible que des tensions apparaissent entre les prétendants au leadership après la mort du Maréchal.  Mais il est trop tôt pour savoir si les efforts des rebelles porteront leurs fruits, et si les divisions deviendront suffisamment importantes pour être significatives. D'autre part, ces divisions ne signifieront pas nécessairement que ses lieutenants s'entretueront au profit des rebelles ou qu'ils abandonneront le combat.

La question de la succession d'un homme qui a régné sans partage pendant trente ans sur un pays clé du continent africain est délicate, voire périlleuse, après la mort du Maréchal.  L'événement apparaît comme un défi pour le peuple, qui doit faire preuve de maturité.  

A Djamena, l’atmosphère teintée de peur domine depuis mardi et il est fort probable que l'héritage de l'un des "doyens de l'Afrique" attise les rivalités familiales et politiques. Une thèse renforcée par la suspension de la constitution et la mise en place d'un conseil militaire dirigé par son fils.  La disparition du président tchadien met brutalement Emmanuel Macron face à ses promesses de "rupture". Un lourd défi pour un pays touché par la crise économique, où l'avenir n'a guère été pensé, ni dans le domaine du pétrole, ni en matière politique. 

C'est une grande perte pour l'Afrique dans la lutte contre le terrorisme et l'insécurité.  En quelques années, l'image d'un Tchad pauvre, enclavé et instable a fait place à celle d'une puissance régionale montante, essentielle à la lutte contre le djihadisme au Sahel et en Afrique centrale.  Pays pivot situé au carrefour Sahel-Soudan, il représente également un "espace de transition" entre l'Afrique noire et le monde arabe.  Cette position stratégique est renforcée par l'absence de concurrents sérieux pour le leadership d'une région certes riche en ressources naturelles, mais en proie à de profondes tensions politiques, notamment en République démocratique du Congo (RDC) et en République centrafricaine.  N'Djamena se positionne comme un artisan de la paix sur la scène africaine. En septembre 1998, elle a envoyé 2 000 soldats en RDC pour soutenir Laurent-Désiré Kabila. Ses troupes contribuent aux missions de paix de l'ONU en République démocratique du Congo et en République centrafricaine.  En janvier 2013, N'Djamena a fourni un contingent de 2 000 hommes en appui aux forces françaises de l'opération Serval envoyée pour stopper l'offensive djihadiste dans le nord du Mali. Depuis août 2014, l'opération "Barkhane" a pris le relais ; le pays accueille son quartier général ainsi qu'une partie de ses 200 véhicules blindés, 6 avions de chasse et 3 000 militaires français stationnés en permanence. corps d'élite qui combattent au Mali contre Al-Qaïda au Maghreb islamique et ses affiliés et dans le bassin du lac Tchad contre Boko Haram. Le régime de M. Déby tente ainsi de se maintenir au niveau des États forts du continent, tels que le Nigeria et l'Afrique du Sud, mais aussi de l'Algérie, de l'Égypte, de l'Éthiopie, de l'Angola et du Sénégal, qui sont très actifs sur le plan militaire. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, la Commission de l'Union africaine dispose d'un bureau de liaison dans la capitale tchadienne. N'Djamena préside le G5 Sahel, qui organise la coopération sécuritaire avec le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie et le Niger. C'est en invoquant son rôle de "puissance pacificatrice" que le Tchad a pu être élu membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies de 2014 à 2016.

 Parce que la patrie survit et demeure, bien après les bruits assourdissants des bombes et des fusils. Elle demeure, au-delà de toutes les solutions militaires, des négociations politiques, des conciliations et autres arrangements diplomatiques. Nous savons que le Tchad traversera cette période difficile, comme nous l'avons vu dans de nombreux autres pays du continent, à travers la reconstruction de plusieurs pays qui ont connu une situation similaire. la patrie doit être mise en avant pour désamorcer le conflit.  Elle permet d'unir les groupes et les communautés, plutôt que de les opposer les uns aux autres dans des affrontements temporaires et parfois très sanglants.  Car, dans cette violence qui ensanglante le tchad, des terroristes venus d'ailleurs sont aussi impliqués depuis le début, des mercenaires de fortune tombés d'autres cieux, professionnels de l'extrémisme et de la violence, connus pour vendre la mort et le désordre partout où ils le peuvent.  Même si les morts en masse ne sont pas une nouveauté, ce conflit prend une tournure différente non pas à cause du nombre de morts naturellement, de la brutalité des combats, encore moins à cause de la durée des batailles, des armes utilisées (artillerie, mitrailleuses, bombardements) mais à cause de la mort du président. Face à cette situation, nous espérons que le calme reviendra.

Décès du maréchal Deby: un grand vide pour son peuple et l’Afrique dans la lutte contre l'insécurité

L'alternance politique est-elle toujours la solution ?

Si certains dirigeants étaient alors auréolés de leur image d'opposant acquise après des décennies de lutte, ils sont accusés quelques années  plus tard d'avoir plongé leur pays dans la crise pour rester au pouvoir en limitant les libertés. Ouattara en côte d'ivoire,  Talon au bénin,  Condé en Guinée conakry, Tshisekedi en RDC,  Aujourd'hui Macky Sall au Sénégal,  semblent avoir oublié l'acte de naissance de leur combat lorsqu'ils étaient dans l'opposition. Certains ont connu l’exil et la prison dans leur combat pour une nation libre et démocratique. Puis, lorsqu'ils accèdent au pouvoir, les populations espèrent qu'ils seront l’homme du renouveau".

Au grand dam de leurs nombreux ennemis, ils avaient réussi à se hisser au sommet de l'État ce qui semblait annoncer une nouvelle ère de liberté pour leurs concitoyens. Souvent Accueilli en libérateur après des années de désamour,  ils ont pourtant vite déçu tous ceux qui voyaient en eux, l'avènement d'une démocratie tant souhaitée et d'une ère plus prospère dans ces pays plus ou moins immenses, dotés parfois de fabuleuses richesses naturelles. Pourtant, En quelques mois, les anciens révolutionnaires ont montré leur véritable visage. Monopolisant parfois par décret l'ensemble des pouvoirs législatifs, exécutifs et militaires, ils commencent quelque fois par  interdire l'activité des partis politiques. Et place en résidence surveillée leurs adversaires d’hier devenus opposants.

 Il est donc d’usage en sciences politiques de considérer que l’alternance politique promeut une démocratie de qualité,  Pour beaucoup d’africains, la composante alternance politique portait les espoirs de voir enfin un développement économique véritable sur le continent. En effet, elle oblige moralement chaque  régime à faire mieux que le précédent. Cependant, l’observation des sociétés africaines contemporaines ne semble pas valider cet espoir. Par conséquent, plusieurs années après les mouvements démocratiques en Afrique, peut-on toujours croire au miracle du développement économique sur le continent et l'instauration d'un système "démocratique"?

Surtout que Ce point de vue fut renchéri par le président François Mitterrand lors du 16ème sommet France-Afrique. En effet, au cours du discours de la Baule, ce dernier a fait de l’alternance au pouvoir et de la démocratie, une clé du développement économique des pays africains. Deux enseignements majeurs pouvaient transparaitre de son allocution. Premièrement, l’alternance politique promeut la démocratie et, deuxièmement, elle contribue à construire des institutions dépersonnalisées qui résistent au temps et aux hommes.

 Mais à bien y regarder les pays ayant connu cette alternance, la thèse d'une démocratie renforcée peut-être remise en cause. Qui plus est,  l’observation empirique des économies africaines contemporaines semble partiellement confirmer cette vision. Car,  Les cas du Cameroun et du Rwanda sont assez singuliers voire paradoxaux en Afrique Subsaharienne. En effet, ces pays présentent un certain dynamisme économique bien qu’ayant connu un seul dirigeant depuis 1982 pour le Cameroun ; et depuis 2000 pour le Rwanda.

  Nous sommes donc tenter de conclure que,  Dans certains pays africains ayant connu l'alternance, les soirs d’élection risquent  désormais  d'être vécus comme des veillées funèbres. Les électeurs auraient « mal voté » en portant leur choix sur Ouattara, en choisissant Talon, en élisant Condé, en adulant Macky Sall etc.

 Il faut donc poser la question : « Le peuple peut-il se tromper ? » Question fondamentale car le système démocratique vit sur le postulat que le peuple a toujours raison. Au reste, les commentateurs se doivent de toujours conclure qu’il faudrait davantage consulter la population, tenir compte de ses avis, multiplier les consultations, bref que la classe dirigeante est coupée de l’opinion majoritaire, que la démocratie doit se ressourcer dans la volonté générale. Contradiction évidente. Si le peuple se trompe, faut-il se tromper avec lui?

L'alternance politique est-elle toujours la solution ?

Covidgate au Cameroun : Le procès des réseaux sociaux

 L'histoire de notre pays est faite hélas, de ces temps où, sans que le peuple ne s'en rende compte, une affaire jaillit de nulle part comme une étincelle et commande à la république de retenir son souffle et de comprendre. Mais il ne suffit pas de comprendre, Il faut apprendre à comprendre  et pouvoir comprendre pour ensuite ventiler la vérité et s'abstenir de tout commentaire  empreint de passion et de fanatisme.

 Car, trop de sentences cruelles sont d'abord souvent le fait de l'opinion, une opinion qui s'exprime sur les réseaux sociaux, avide de justice populaire et de lynchage médiatique sans appel.  Laissez donc la justice s'exprimer, les concernés se défendre et ensemble nous découvrirons la vérité et l'horreur de la distraction souvent observée ici et là sur les réseaux sociaux par certaines personnes en panne de popularité. En effet, parfois des individus qui portent dans leurs entrailles les germes de la manipulation et de l'instrumentalisation, ne manquent pas souvent de faire des écrits,  des analyses, des injures, des invectives, des insinuations, des calomnies et de la jalousie tenace.  Vous suivez des sentences publiques se prononcer contre des personnes, vous finissez nonobstant tout éloquence, tout grade et tout laurier, par vous taire, pour ne pas pousser ces essaims d'abeilles qui jouent de la plume et des images comme des bonbons dans une boîte de loterie, à vous tomber dessus. Ils savent prédire les verdicts, mettre les gens en doute se fichant pas mal de tout élément de preuves pouvant les contredire et tuer leur commerce de la délation et de la calomnie ,ne jouant qu'à contribuer à transformer ce qui est blanc en noir et ce qui est noir à néant.

 De nombreuses personnalités sont mises en cause aujourd'hui dans la gestion des fonds alloués à la gestion de la pandémie. Cette affaire suscite un déferlement sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes se sont par la suite adonnés à ce mouvement et ont contribué à sa prise d'ampleur. Si cet évènement a été une étincelle en venant une fois de plus soulever la sempiternelle question de la transparence dans la gestion des fonds publics,  il n'en demeure pas moins que celui-ci recèle une part d'ombre : le déclin de nos principes juridiques fondamentaux, tel que la présomption d'innocence, aujourd'hui mise à mal par l'accélération de la diffusion des informations.  En effet, à la suite du rapport d'étape de la chambre des comptes de la cours suprême, l’opinion s'en est donnée à cœur joie pour donner leurs sentences en déclarant coupables les personnes concernées alors même que leur culpabilité n'a pas été légalement établie. 

  cette situation tend à l'installation progressive d'un nouveau tribunal, celui des réseaux sociaux. Ces réseaux sociaux s’accaparent aujourd'hui quelques fonctions de notre procédure pénale : ils poursuivent, en divulguant des informations, et ils jugent, en déclarant coupables des hommes sans preuve. La justice au sein d'un prétoire s'exerce aujourd'hui sur Facebook, Whatsapp, Tweeter, instagram...

 Or, les réseaux sociaux ne sont pas légitimes à s’accaparer une prérogative telle que le jugement. Ce pouvoir est étatique et ne peut être concédé et, s’il en est abusé, peut mettre en péril la vie d’un homme. C'est pourquoi cette fonction ne peut revenir de plein droit qu’à la seule institution judiciaire. La confiscation de ce pouvoir de juger par l'opinion publique est d'autant plus inquiétante qu'elle n'est entourée d'aucune garantie quant aux droits de la défense. En effet, les personnes mises en cause ne bénéficient pas d’un droit de réponse face aux allégations faites par ces juges auto-proclamés.

 Cela explique qu'un grand nombre de personnes jugent dérisoires certains principes fondamentaux, tel que la présomption d'innocence. En effet, défendre ce principe revient pour de nombreuses personnes à défendre l'innocence de la personne suspectée voire, pour certains, à légitimer les actes les plus abjects. Or, défendre la présomption d'innocence ce n'est pas défendre une innocence mais une éventuelle innocence. Se mettre du côté la présomption d'innocence, c'est prendre le parti de la prudence. Or, le doute aujourd'hui n'a pas bonne presse et est davantage perçu comme une cause de suspicion plutôt que comme une preuve de raison.

 Cependant, précisons que défendre la présomption d’innocence ne revient pas à vouloir brider les opinions personnelles. Il est évident que chacun est libre de sa pensée et de croire coupable une personne mise en cause. Or, si cette pensée peut s’exprimer dans un cercle privé, le danger se présente quand elle est diffusée publiquement et sans réserve.

 Si la présomption d’innocence doit être respectueuse de l’opinion de chacun, cette dernière devrait être à son tour respectueuse de notre droit.

 À l'heure où la confiance des camerounais dans les instituions est de plus en plus édulcorée laissant place au tribunal des réseaux sociaux,  on peut se demander Jusqu'où pousser l'exigence de transparence?  Faut-il donc croire que les Hommes politiques sont plus soumis que jadis à la tentation de l'argent? Ou que les montants en jeu sont plus importants qu'ils ne l'ont jamais été?  Ou que la presse et l'opinion sont plus exigeantes vis-à-vis des dirigeants?  Ou encore que les juges sont en train d'installer une dictature de la vertu?

 

Covidgate au Cameroun : Le procès des réseaux sociaux

Réforme du code électoral au Cameroun : Clé de lecture pour la compréhension de la pertinence de l'action des partis d'opposition

La qualité d'un code électoral susceptible d'induire,  en partie,  des pratiques politiques de qualité,  tient tout d'abord à la qualité du processus ayant conduit à sa formalisation,  selon que ce dernier aura été consensuel,  ouvert,  participatif. Un code électoral n'a de chance de servir de catalyseur à des pratiques politiques de qualité, sans toutefois les garantir de manière certaine,  que si il est effectivement le révélateur d'un processus consensuel,  et non le résultat d'une entreprise de domination politique ou,  plus exactement,  d'abus de position dominante ou hégémonique. Un code électoral adopté à travers un processus politique,  C'est la qualité même de ce processus à la base qui est de nature à déteindre sur l'orientation des comportements politiques ultérieurs des acteurs politiques.

 La qualité d'un texte électoral tient ensuite à la qualité substantielle de celui-ci. Il ne suffit pas en effet de s'en tenir aux aspects liés au processus de parturition du texte. Encore faut-il attentivement scruter Si, au regard de son contenu, la norme produite est de nature à servir de véhicule à des pratiques politiques de de qualité.

 La qualité tient enfin du respect de la norme électorale de la part des différents acteurs. Bien que tout texte de loi soit susceptible d'amélioration , de critique,  et même qu'il puisse être nécessaire de le combattre, le respect d'une norme se caractérise par sa soumission à celle-ci et le rejet des logiques insurrectionnelles. Car, chaque acteur doit inscrire son investissement politique dans le cadre balisé par la loi, quitte à œuvrer à son amélioration ultérieure.  Ceci est une attitude qui ne peut que favoriser des mœurs politiques empreintes de civilité, de respect des autres protagonistes politiques, de fair-play...

  Il apparaît donc tout à fait logique que la réforme du code électoral soit une préoccupation majeure de l'opposition. Ce d'autant plus que marches, boycotts,  meetings,  pétitions,  communiqués et conférence de presse,  villes mortes,  désobéissance civile...dans plupart des États africains subsahariens,  principalement au Cameroun n'ont pas porté leurs fruits C'est à dire inverser le rapport de force pour permettre à l'opposition d'accéder au pouvoir.  Qui plus est,  les dernières élections législatives et municipales se sont inscrites sur la pente de leurs ancêtres avec les mêmes atomes crochus, les mêmes tares et avatars,  les mêmes récriminations et contestations,  les mêmes contingences,  les mêmes sonorités dissonantes au sein des différentes formations politiques et de la société civil : fraude électorale,  falsification des procès-verbaux,  confusion entre l'organe électoral et les autorités administratives,  complaisance des agents d'ELECAM,  volonté manifeste d'exclure certains leaders et formations politiques, achat des consciences,  forte immixtion de l'élite politique dans les opérations de vote, absence des bulletins de certains partis dans les bureaux de vote.  C'est donc dans un tel contexte que s'inscrit cette plateforme de l'opposition visant à mutualiser leurs efforts pour se sauver de cette mort programmée ou se sortir de la panne dans laquelle elle se trouve.

  C'est à se demander de quel moyen d'action dispose l'opposition pour faire peser la balance en sa faveur?  Surtout lorsqu'on sait que les partis politiques présents à cette discussion ne disposent que de 16 députés cumulés et 7 sénateurs et que les autres n'en disposent d'aucun au parlement.  Elle ne dispose pas d'une marge de manœuvre nécessaire pour infléchir les décisions et les lois au parlement. Va-t-elle emprunter la voie de la rue pour se faire entendre malgré le fait que jusqu'ici cette recette n'a toujours pas porté ses fruits? Une désaffection des citoyens justifiée par l'incrédulité à l'égard des enfumages et trahisons des leaders des formations politiques dites de l'opposition qui,  d'après eux,  ne présentent et n'agissent pas comme des représentants de l'intérêt général et de la volonté des citoyens.  Ou alors, Va-t-elle se tourner vers la communauté internationale pour conditionner toute aide bilatérale ou multilatérale au respect affectif des droits humains et des libertés fondamentales, ainsi qu'à la mise en place d'institutions démocratiques avant des règles de jeu et un calendrier électoral connus d'avance et susceptibles de conduire à une alternance pacifique et loyale?

 Tout compte fait,  réformer le code électoral, doit se faire ni au bénéfice de l'opposition, encore moins du parti au pouvoir. La réflexion doit participer à la consolidation de la démocratie au Cameroun  et de permettre à tous les partis politiques de concourir à l'expression du suffrage universel qui est le fondement  constitutionnel de l'action des partis politiques au Cameroun comme l'indique l'article 3 de la constitution  *les partis et formations politiques concourent à l'expression du suffrage.  Ils doivent respecter les principes de la démocratie,  de la souveraineté et de l'unité nationale.  Ils se forment et exercent leurs activités conformément à la loi*

Réforme du code électoral au Cameroun : Clé de lecture pour la compréhension de la pertinence de l'action des partis d'opposition

Procès de Bolloré et condamnation de Sarkozy: Des criminels au col blanc

  Depuis l'avènement de la Vème république française, la chronique de politique française a été caractérisée, entre autres, par l'éclosion incessante d'affaires mettant en cause la probité des dirigeants. 

Cela montre à quel point la première caractéristique de la corruption politique française semble être son caractère récurent. Lointaine apparaît l'époque gaullienne où l'autoritarisme semble gagé sur l'honnêteté des ministres intègres. Mais ce n'est que sous la présidence de Georges Pompidou que les premiers épisodes du feuilleton des affaires ont vraiment débuté. Le scandale le plus connu de cette époque est celui de la garantie foncière qui éclaboussa l'UDR ancêtre du RPR au tout début des année 1970.  Après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à l’Elysée, en 1974, le scandale est devenu une véritable arme politique.   Ce fût la singulière affaire des "diamants".  Diamants que Bokassa offerts au chef de l'État français.  Révélée par le _canard enchaîné_, hebdomadaire satirique qui a toujours eu le monopole de la dénonciation de turpitude de la classe dirigeante, ce scandale a eu un impact non négligeable sur le crédit de Giscard d’Estaing et son échec électoral en 1981.

 Depuis lors s'en est suivi une Litanie de scandales politiques dans le landerneau politique, de Jacques Médecin à François Fillon en passant par Bernard tapie, Alain Carignon, Michel Mouillot, Claude Guéant, Léon Bertrand, Jérôme Cahuzac, les époux Balkany,  .....

 La dernier en date est celui de Nicolas Sarkozy qui est le premier ancien président de la Ve République à être condamné à une peine de prison ferme. Nicolas Sarkozy a été jugé coupable, lundi 1er mars, de “corruption" et de "trafic d'influence" par le tribunal correctionnel de Paris, qui l'a condamné en première instance à trois ans de prison, dont un an ferme, dans l'affaire dite des "écoutes". Un jugement sans précédent. Avant lui, seul Jacques Chirac avait été sanctionné par la justice, condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis dans le dossier des emplois fictifs de la ville de Paris.

 Une condamnation qui intervient au même moment que l'affaire de Vincent Bolloré qui a reconnu avoir contribué financièrement à la communication du candidat Faure Gnassingbé, lors de la présidentielle en 2010. En échange, il a obtenu des avantages dans la concession du port de Lomé. Il espérait que son mea culpa allait arrêter le processus judiciaire pour une sorte de règlement à l’amiable.  Mais que Nenni!! En effet Une juge du tribunal judiciaire de Paris a stupéfié l’assistance en refusant d’homologuer une procédure de plaider-coupable, et demande que le milliardaire et deux des dirigeants de son groupe soient jugés.

  Une coïncidence étonnante surtout lorsqu'on sait que L'ancien président Nicolas Sarkozy avait prêté main forte pour intervenir auprès de dirigeants africains pour que son ami Vincent Bolloré obtiennent des concessions portuaires en Afrique de l'Ouest.  Des affaires qui donnent  à la France l'image de  République « opportuniste » du 21eme siècle car  fragilisée par le comportement et les débordements de quelques uns et surtout par les liens qui existent entre monde politique et milieux d'affaires plus ou moins louches. Des scandales éclatent ainsi qui ternissent l'image de la République.

  À bien des égards,  si de tels faits s'étaient produit en afrique,  l'on aurait aussi tôt crié à instrumentalisation du pouvoir judiciaire, à la théorie du complot et à l'élimination des potentiels adversaires politiques et leurs soutiens financiers éventuels pour la prochaine élection.

Car, sur le continent, le procès des opposants politiques et des hommes d'affaires très proches d'eux sont souvent tenus comme explication facile et simplicité des échecs de la démocratie en afrique par les ONG et autres associations de défense de droits de l'homme.  En afrique, Plusieurs compatriotes auraient qualifié ces procès de mascarades et actions visées à détruire son adversaire politique. Lorsque cela se produit hors du continent, on salue l'état de droit qui règne grâce à "l'indépendance du pouvoir judiciaire".  Sans même voir que cela est parfois encouragé de l'extérieur.  Comment ne pas donc conclure avec l'homme d'affaires et milliardaire Mo Ibrahim lorsqu'il affirme "“L’Afrique n’est pas plus corrompue que n’importe quel autre endroit autour de nous. Pour chaque leader africain corrompu, nous avons 1000 hommes d’affaires européens, américains et chinois corrompus, où sont ces personnes ?”, avait questionné l’homme d’affaires.  Il en est de même pour la politique.

 

Procès de Bolloré et condamnation de Sarkozy: Des criminels au col blanc

Décès de HAMED BAKAYOKO : vide politique et parcours tragique des premiers ministres en côte d'ivoire

   C’est une figure majeure de la vie politique ivoirienne qui vient de disparaître. Le Premier ministre de Côte d’Ivoire, Hamed Bakayoko, est mort mercredi à l’âge de 56 ans dans un hôpital en Allemagne des suites d’un cancer, huit mois après le décès de son prédécesseur.

 Syndicaliste étudiant, fondateur du journal _le patriote_,  patron de *Nostalgie*, la première station de radio privée du pays,  puis Ministre des nouvelles technologies après les accords de Marcoussis, de l'intérieur en 2011, puis de la 2017 et premier ministre depuis mi-2020,   son départ brusque ce 10 mars laisse un grand vide sur la scène politique ivoirienne.  Car, cet homme de consensus avait pu démontrer son habilité à concilier les différentes fractions.

  Il avait des qualités de rassembleur qui se sont révélées utiles au mois de décembre 2020, lors du dialogue politique.  D'ailleurs, pour s'en convaincre,  la conséquence de ce dialogue politique est l'organisation pour la première fois de ce qui est considéré par bon nombre d'observateurs comme l'élection législative la plus inclusive de l'histoire où même les partis qui avaient pour habitude de boycotter les scrutins ont pris part.  Homme de compromis, trait d'union entre le pouvoir et l'opposition,   il pouvait prendre le petit déjeuner avec Gbagbo Le matin,  déjeuner avec Bedié à midi et dîner avec Ouattara le soir comme en témoigne l'interview accordé à RFI ce 11 mars par le chercheur Sylvain Nguessan.

   Peut-on parler de coïncidence  tragique lorsque ce décès intervient 09 mois après celui du premier ministre Amadou Gon Coulibaly? Le peuple est donc porté quand une telle figure du champs politique,  dont l'influence a été plus ou moins considérable,  à attribuer sa mort à une puissance occulte.  Ce d'autant plus que l'actualité politique en côte d'ivoire offre ces derniers temps un échantillonnage troublant de morts étranges pour le grand public.  Des morts qui excitent beaucoup l'opinion publique parce qu'elles touchent directement les dauphins ou potentiels successeurs de Alassane Ouattara.  Un drame personnel pour ses proches et sa famille politique dont le traitement scandaleux sur les réseaux sociaux autorise toutes les questions. Ces morts en cascade des premiers ministres demeurent suspect aux yeux  de l'opinion publique et sèment davantage le trouble dans les esprits.

 À bien des égards,  la mort est un mystère personnel au seuil duquel chacun devrait se taire pour se recueillir.  Mais quand il s'agit d'un ministre,  à plus forte raison un premier ministre,  comment empêcher qu'elle devienne une affaire de tous? Pas un ivoirien qui ne soit aujourd'hui troublé par la fin brutale de ces deux hommes politiques.

 Personnalité politique respectée pour son attachement aux valeurs républicaines, il fut une grande figure de la scène politique de son pays. Avec sa disparition, la côte d’Ivoire perd un homme de conviction. C'est le monde la politique qui le pleure,  le milieu culturel qui est dans le chagrin,  sa famille qui est et son pays qui l'exalte.

Décès de HAMED BAKAYOKO : vide politique et parcours tragique des premiers ministres en côte d'ivoire

La jeunesse Africaine invitée à la table du destin

Nous devons nous engager, à lutter pour que, à travers notre engagement, à travers notre travail dans la vie active et en dehors, nous puissions restaurer chaque jour un peu plus l'image de notre pays.  Je veux vraiment saluer et encourager, remercier ces jeunes qui œuvrent au quotidien pour préserver l'intégrité de notre pays et améliorer l'image de celui-ci. Car c’est cela qui fera changer les choses.

Nous devons regarder l’avenir avec confiance et optimisme. Sauf cas dramatiques, nous devons faire confiance aux aînés qui nous entourent. Leur accompagnement nous rappelle la valeur de la confiance, dans une société où les événements internationaux, les violences inciteraient à cultiver suspicion et méfiance. Les relations au sein d’un quartier, d’une famille, d’une école sont fragiles et hésitantes. La république, elle, tend les bras vers ses enfants. Elle nous fait confiance. Elle n’a pas peur de sa fragilité. Car elle se sait aimé. La république nous invite à développer la confiance les uns à l’égard des autres. Rappelons-nous notre propre histoire : qui nous a fait grandir ? Sinon celles et ceux qui nous ont fait confiance.

Nous devons nous affirmer. Prendre notre place dans le monde à travers un idéal de vie ; les événements douloureux vécus par certains venus d’ici et d’ailleurs, ne doivent pas nous arrêter et nous faire sombrer dans le pessimisme béat. Nous ne devons cesser de croire en l'avenir et nous battre pour notre pays.

À côté des jours difficiles, des études parfois fastidieuses, ou de la recherche éprouvante d’un premier emploi, nous devons donner un sens à notre vie: sens à donner au présent pour définir le futur.

 Nous devons croire en nos potentialités Assurément pour que notre ambition et notre confiance en l’avenir atteignent un degré d’intensité difficilement trouvable ailleurs. Nourrie sur un quotidien difficile, cette joie créatrice doit par ailleurs être renforcée par un patriotisme sincère résumé par la triple ambition si souvent entendue sur l’ensemble du continent:<< Créer pour soi, sa famille et son pays >>

 C'est ainsi que nous allons honorer à ce rendez-vous de l'histoire. Aucun retard ne sera toléré, aucune excuse acceptée et aucune absence ne restera impunie.

 

La jeunesse Africaine invitée à la table du destin

L'Afrique : Entre succession de fièvre et de joie au sommet de l'état (2)

Même si le CMT, après une période de transition, dit vouloir organiser des élections démocratiques, l’agitation qui suit le décès du Maréchal Deby pose une question plus générale : la gestion de la succession en Afrique lorsqu'un dirigeant meurt en cours de mandat.

Si Certains pays ont géré la succession mieux que d'autres, la situation chaotique que traverse actuellement le tchad est de plus en plus désastreuse depuis les obsèques en ce mois d'avril du Président Deby.  Le pays ne parvient pas à sortir d’une crise de transition où l'armée dirige principalement les affaires de l'État. 

 Les stratégies de succession doivent être strictement conformes aux constitutions.  La plupart des constitutions des pays africains prévoient que lorsqu'un chef d'État décède en cours de mandat, son Vice-Président ou le Président de l'Assemblée nationale assure l'intérim jusqu'à la tenue de nouvelles élections. Certains dirigeants s'attendent cependant à ce que le « dauphin » leur soit entièrement dévoué. Dans le cas contraire, un conflit politique risque d’éclater. Au Nigéria, par exemple, le Vice-Président Atiku Abubakar entretenait des relations glaciales avec l'ancien Président Olusegun Obasanjo, lequel n'a pas tardé à organiser l'exclusion de M. Abubakar du parti au pouvoir. 

 Certains dirigeants africains ont préparé un membre de leur famille à prendre leur place. À la mort du Président du Gabon, Omar Bongo, en 2009, le parti au pouvoir a nommé à la présidence son fils, Ali Bongo Ondimba, alors Ministre des affaires étrangères et de la défense. Les Présidents Faure Gnassingbé du Togo et Joseph Kabila de la République démocratique du Congo ont succédé à leur père une fois celui-ci décédé. C'est la situation que vit actuellement le Tchad à la seule différence qu'il s'agit d'un militaire qui en principe ne faisait pas partie des intérimaires en cas de décès du président tchadien.   Une situation qui montre à quel point, 

Confier sa succession à un proche peut cependant déclencher une révolte, comme ce fut le cas de l'Égypte, où l'intention du Président Hosni Moubarak de faire de son fils son successeur a intensifié l'opposition qui a éclaté lors de la révolution début 2011. Au Burkina Faso, une vive controverse a éclaté dès que le Président Blaise Compaoré a donné l’impression de préparer son frère cadet, François, à lui succéder.  

Par contre, le Malawi a connu une transition relativement harmonieuse après la disparition en avril du Président Mutharika, mort d'une crise cardiaque à l'âge de 78 ans. Le processus aurait pu toutefois dérailler lorsque des membres du Conseil des ministres ont tenté d'installer au pouvoir le frère cadet du défunt Président, le Ministre des affaires étrangères Peter Mutharika, à la place de Joyce Banda, Vice-Présidente et successeur d’après la constitution. Le Président avait avant de mourir décidé d'exclure Mme Banda du parti au pouvoir afin d'ouvrir la voie à son frère. À sa mort, la classe politique s'est scindée en deux camps. D'un côté, ceux qui invoquaient les intentions de l'ancien Président, de l'autre, ceux qui souhaitaient respecter la constitution. Bon nombre de Malawiens se sont insurgés contre un manquement à la constitution, avec l’appui de bailleurs de fonds et notamment du Département d'État des États-Unis, qui a envoyé un message sans ambiguïté : « Nous espérons que la Vice-Présidente, première dans l'ordre de succession, sera rapidement investie à la tête du pays ». Ce qui fut le cas peu de temps après.  La primauté du droit l’a assurément emporté au Ghana après la mort en juillet du Président John Atta Mills. Contrairement au Malawi, il n'y a pas eu l'ombre d'un doute sur la personne devant le remplacer. Le Vice-Président John Dramani Mahama a pris les fonctions de président, conformément aux principes constitutionnels, et a aussitôt rassemblé une nation bouleversée. Cette transition en douceur avait témoigné de la solidité du système démocratique du Ghana, où les partis au pouvoir ont à plusieurs reprises passé le relais à l'opposition.  Toutefois, même quand une forte tradition démocratique facilite les successions sans heurts, des considérations politiques risquent de faire obstacle. Lorsque le Président du Nigéria Umaru Musa Yar’Adua est mort en mai 2010, certains Nigérians ont exigé qu'un autre politicien du nord soit investi au lieu du Vice-Président Goodluck Jonathan, qui venait du sud. Ce dernier l'a finalement emporté.

 Ainsi, Dans toute son acception, le mot « succession » peut se concevoir dans un sens positif, glorieux, comme il peut prendre un sens plus péjoratif, et même négatif. En l’occurrence, celles des pages de succession qui s’écrivent ou se bâtissent sur le passage en force sont rarement glorieuses. Alors, oui, le sens de la succession à laquelle se réfèrent les uns et les autres, ici, peut varier en fonction du côté de l’histoire où se situe chacun. D’autant que ceux qui sont du mauvais côté de l’Histoire, en général, le reconnaissent rarement.

 Que dire du rôle joué par les puissances étrangères dans ces successions. Surtout la France.   Vous aurez noté que cette succession au tchad a démarré par une troublante ingérence  de la France dans le CMT, et la présence du président français aux obsèques. Une présence  qui a, pour l’essentiel, consisté à prendre acte de la validation du CMT et du déni constitutionnel. Il se trouve que les pages les plus sombres de l’histoire de l’Afrique indépendante se sont écrites dans l’abandon des convictions, dans la démission et même, parfois, dans une forme de trahison qui consiste à prétendre prendre acte du fait accompli, de l’inacceptable.   Depuis bientôt soixante ans, l’on ne cesse de prendre acte, sur ce continent : des coups d’Etat ; des scandales divers, et même de la corruption. Prendre acte du sous-développement, en l’habillant de mots, comme si cela suffisait à atténuer les souffrances des peuples. Et l’on continue de prendre acte des manifestations réprimées dans le sang, avec leur cortège de morts que l’on se refuse même parfois de dénombrer, a fortiori d’admettre.  Et pourquoi ne prendrait-on pas acte d’une passation de pouvoir arrangée au tchad dans un cynisme assumé, dont le temps finira par dire les motivations. 

 Ce qui reviendrait à dire que la communauté internationale et la France de manière particulière a un attachement bien capricieux à l’état de droit et à la démocratie, et que ses exigences de justice obéissent davantage à de bien mystérieux calculs qu’à des principes rigoureux et indéfectibles.

 

L'Afrique : Entre succession de fièvre et de joie au sommet de l'état (2)

Journée Internationale des droits des femmes: la célébration du leadership féminin sans faste ni solennité

Le 08 mars est une journée, selon les Nations unies, pour mettre en avant la lutte pour les droits des femmes. Mais cette année,  en raison de la pandémie de COVID 19,  les festivités n'auront pas lieu sur l'ensemble du triangle nationale.

Les femmes ont souvent pour habitude lors de cette cérémonie de se draper dans le pagne imprimé pour la Journée, assister à un défilé de femmes, marcher quelques mètres entre elles, recevoir une quantité de présents et distribuer autant de dons, exécuter quelques pas de danse, embrasser maintes joues de femmes. À la tribune, on retrouve généralement des femmes de ministres, de députés, de dignitaires, de hauts dignitaires.... se saluer tout en étant souriante.

Malgré l'annulation des festivités, nous ne pouvons pas manquer d'’évoquer les mobilisations mondiales des femmes en faveur de leurs droits, de l’égalité et de la justice. Nous ne pouvons pas manquer d'interroger les silences de nos compatriotes ou ceux des Africaines victimes d'abus. Nous ne pouvons pas manquer de piquer une colère sur les secrets de Polichinelle : le harcèlement sexuel, des bancs de l’école au travail, la violence dans le couple et hors des foyers ou encore la discrimination à l’encontre des femmes, depuis la ville jusqu’aux campagnes.  Nous ne pouvons pas manquer de faire cause commune surtout avec les militantes qui suscitent le débat, en dénonçant une « africanité » imbécile, les mutilations, le mariage précoce, l’hyper sexualisation des filles et des femmes, la prostitution qu’on organise, les traditions qui arrangent, la modernité dont on s’arrange, l’infériorité en soi des femmes en Afrique, les droits des femmes appliqués au vocabulaire, l’évolution des mentalités confinée à la grammaire...

  s'il est vrai qu'elles ont été les principales victimes de la pandémie du Covid  19 , non seulement dans le domaine économique   car  elles travaillent le plus   souvent dans des  secteurs vulnérables ou informels et que la pandémie a aggravé les inégalités existantes dans ces secteurs du fait de systèmes de protection sociaux ou économiques  défaillants,  il n'en demeure pas moins que nous avons vu le leadership féminin s'exprimer. En effet, les pays ayant des femmes dans les postes de leadership sont ceux qui ont le mieux géré les effets du virus ( La première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, le président taïwanais Tsai Ing-wen et la chancelière allemande Merkel ont pourtant de bons résultats dans la lutte contre l'épidémie.)   De même qu’il a été démontré que les femmes ont représenté toutes catégories confondues  la  part la plus importante du personnel de santé dans la majorité des pays. Ce sont elles  en effet , qui ont  pris la plus grande part de surcharge dans la  gestion de la crise sanitaire,  et ce sont elles aussi qui ont pris la responsabilité des  services domestiques supplémentaires provoqués par les mesures de confinement plus ou moins généralisées a travers le monde .

 Un leadership qui semble avoir de plus en plus le vent en poupe ces derniers temps avec la nomination de la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala comme  première femme et première Africaine à la tête de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), une institution quasi paralysée qui n'arrive plus à remplir sa mission. Que dire de  Djaïli Amadou Amal qui a reçu le Prix Goncourt  des lycéens grâce à son oeuvre "les impatients".  Louisette Renée Thobie qui vient d'être élue secrétaire général à la conférence des ministres de la jeunesse et des sports de la francophonie (CONFEJES). Même au sein de l'église catholique avec la nomination de La Française Nathalie Becquart qui est devenue, samedi 6 février, la première femme nommée sous-secrétaire du Synode des évêques et aussi  la première femme à obtenir le droit de vote au Synode.

 Une journée qui permet donc de mettre en exergue le leadership féminin comme nous rappelle le thème retenu pour cette année à savoir : « Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 ».

 Un leadership qui trinque avec le succès, déjeune avec l'évolution et se promène avec la bénédiction.

*BONNE JOURNÉE À TOUTES LES DAMES*

Journée Internationale des droits des femmes: la célébration du leadership féminin sans faste ni solennité

Réforme du code électoral au CAMEROUN : Panacée ou placebo?

 Nul ne peut remettre en cause le rôle important des organes de gestion électorale dans la réforme de la loi électorale. En effet, ceux-ci regorgent d'une expertise irréfutable et d'une expérience pratique en matière électorale ainsi que d'un réseau élargi de partenaires qui sont dotés de compétences requises dans le domaine de l'examen des processus juridiques. C'est dans cette optique que Elections Cameroon, l'organe en charge des élections au Cameroun, se range du côté de ceux qui demandent une réforme du code électoral.

Erik Essousse (DG d'ELECAM) a adressé une correspondance le 19 février 2021 donnant  8 jours à ses démembrements pour collecter les propositions d'amendement de la loi portant code électoral. Une demande de plusieurs acteurs de la scène politique qui exigent une réforme de tout le processus électoral.

 La réforme du code électoral va de pair avec l’évolution socio-politique et démocratique d'un pays. Ceci dans la mesure où l'échec d'une élection a toujours eu des conséquences dramatiques sur la stabilité politique,  la santé économique et la sécurité des citoyens d'un pays. Les cas sont d'ailleurs légion à ce sujet: le Kenya en 2007 et 2013, le Zimbabwe en 2008,  la côte d'ivoire en 2010 et 2020,  la RDC en 2011 et 2018, les seychelles en 2011,  le Ghana en 2012,  le mali en 2013,  la guinée Bissau en 2014,  et la Mauritanie en 2014, le Togo en 2019, la guinée conakry en 2020 et la liste est loin d'être exhaustive. 

Autant d'exemples qui justifient la pertinence de la réforme du code électoral et la nécessité pour les organes en charge des élections d'activer le processus dans l'urgence. Ces organes peuvent souvent faire recours soit à des partenaires nationaux et internationaux comme ce fut le cas du Malawi en 2014,  soit à l'organe judiciaire comme ce fut le cas de la commission électorale indépendante du Nigeria en 2002-2003 qui avait engagé une procédure judiciaire devant le tribunal à l'encontre de la loi électorale de 2002 dans le but de juger la constitutionnalité de certaines nouvelles dispositions relatives à leur autorité à déterminer la date et l'ordre des élections. Ce fut également le cas de l'Afrique du Sud en 2014  avant la tenue des élections où deux (02) affaires judiciaires devant la cour constitutionnelle ont fourni une toile de fond à des modifications du cadre juridique régissant les élections.

 Ainsi donc sur la base des rapports post-électoraux, ELECAM a su recenser les succès et les échecs, identifier les lacunes et les chevauchements ainsi que les nouveaux défis du point de vue juridique.

 Toutefois, l’impartialité, l'inclusivité,  la transparence, l'intégrité et la régularité d'une élection sont tributaires d'un ensemble de paramètres qui dépassent largement le seul cadre de la reforme du code électoral.

 En effet, celles-ci impliquent également divers aspects de la vie politique tels que le taux de participation aux processus électoraux, le niveau de l'engagement social et de l'action militante, l’efficacité des différentes méthodes de participation publique,  la compétence civique,  le niveau d'éthique social des citoyens. À ceci il faut ajouter le comportement des leaders politiques et surtout des médias. Car lorsqu'on scrute et analyse par l'exemple politique, l’on note le clignotement incessant et persistant d'un immense signal d'alarme qui indique un niveau inquiétant de désintérêt d'un nombre considérable des citoyens. Certes, nul ne peut nier que lors du scrutin d'octobre 2018 nous avons eu des moments forts,  empreints d'une grande charge émotive ou symbolique,  ponctués d'indignation,  de colère,  de ras-bol provoquant un fort désir de changement où à l'inverse ,  une forte résistance qui s'est exprimée par des mobilisations et un militantisme temporaire et effervescent.

 Que dire de la culture de vautour de certains médias. Si les manquements éthiques des membres de la classe politique portent lourdement à conséquence sur la participation citoyenne, il en est aussi de même en ce qui concerne les dérapages déontologiques des membres du pouvoir médiatique. Il ne fait plus aucun doute que la déformation des faits, les raccourcis simplistes et sensationnalistes d’un trop grand nombre de journalistes et de commentateurs autant que les interprétations souvent sarcastiques ou tendancieuses et même parfois outrancières sinon carrément vulgaires contribuent largement à alimenter le cynisme ambiant face à la politique et à ses acteurs, tout en nourrissant la nouvelle culture de la politique spectacle et de l’information spectacle.

 Les obstacles relevés plus haut sont solidement ancrés dans nos sociétés mais ils ne sont pas immuables. Ils cesseront d’imposer leurs effets pernicieux quand une masse critique de citoyens éveillés et désireux de participer à la vie politique et citoyenne se constituera.  À ce propos, on peut affirmer que les changements souhaités, autant que souhaitables, seront facilités quand émergeront et entreront en scène de véritables leaders animés d’une nouvelle éthique fondée sur une conscience de l’importance d’agir, de penser et de ressentir différemment en regard de la vie politique.  À coup sûr, au delà de la reforme du code electoral, ce sont les mentalités qui doivent être changées.

Réforme du code électoral au CAMEROUN : Panacée ou placebo?
Image

AfriqConnect! Informez vous autrement et en temps réel

Image
Image