Dim, Fév 28, 2021

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Réforme du code électoral au CAMEROUN : Panacée ou placebo?

 Nul ne peut remettre en cause le rôle important des organes de gestion électorale dans la réforme de la loi électorale. En effet, ceux-ci regorgent d'une expertise irréfutable et d'une expérience pratique en matière électorale ainsi que d'un réseau élargi de partenaires qui sont dotés de compétences requises dans le domaine de l'examen des processus juridiques. C'est dans cette optique que Elections Cameroon, l'organe en charge des élections au Cameroun, se range du côté de ceux qui demandent une réforme du code électoral.

Erik Essousse (DG d'ELECAM) a adressé une correspondance le 19 février 2021 donnant  8 jours à ses démembrements pour collecter les propositions d'amendement de la loi portant code électoral. Une demande de plusieurs acteurs de la scène politique qui exigent une réforme de tout le processus électoral.

 La réforme du code électoral va de pair avec l’évolution socio-politique et démocratique d'un pays. Ceci dans la mesure où l'échec d'une élection a toujours eu des conséquences dramatiques sur la stabilité politique,  la santé économique et la sécurité des citoyens d'un pays. Les cas sont d'ailleurs légion à ce sujet: le Kenya en 2007 et 2013, le Zimbabwe en 2008,  la côte d'ivoire en 2010 et 2020,  la RDC en 2011 et 2018, les seychelles en 2011,  le Ghana en 2012,  le mali en 2013,  la guinée Bissau en 2014,  et la Mauritanie en 2014, le Togo en 2019, la guinée conakry en 2020 et la liste est loin d'être exhaustive. 

Autant d'exemples qui justifient la pertinence de la réforme du code électoral et la nécessité pour les organes en charge des élections d'activer le processus dans l'urgence. Ces organes peuvent souvent faire recours soit à des partenaires nationaux et internationaux comme ce fut le cas du Malawi en 2014,  soit à l'organe judiciaire comme ce fut le cas de la commission électorale indépendante du Nigeria en 2002-2003 qui avait engagé une procédure judiciaire devant le tribunal à l'encontre de la loi électorale de 2002 dans le but de juger la constitutionnalité de certaines nouvelles dispositions relatives à leur autorité à déterminer la date et l'ordre des élections. Ce fut également le cas de l'Afrique du Sud en 2014  avant la tenue des élections où deux (02) affaires judiciaires devant la cour constitutionnelle ont fourni une toile de fond à des modifications du cadre juridique régissant les élections.

 Ainsi donc sur la base des rapports post-électoraux, ELECAM a su recenser les succès et les échecs, identifier les lacunes et les chevauchements ainsi que les nouveaux défis du point de vue juridique.

 Toutefois, l’impartialité, l'inclusivité,  la transparence, l'intégrité et la régularité d'une élection sont tributaires d'un ensemble de paramètres qui dépassent largement le seul cadre de la reforme du code électoral.

 En effet, celles-ci impliquent également divers aspects de la vie politique tels que le taux de participation aux processus électoraux, le niveau de l'engagement social et de l'action militante, l’efficacité des différentes méthodes de participation publique,  la compétence civique,  le niveau d'éthique social des citoyens. À ceci il faut ajouter le comportement des leaders politiques et surtout des médias. Car lorsqu'on scrute et analyse par l'exemple politique, l’on note le clignotement incessant et persistant d'un immense signal d'alarme qui indique un niveau inquiétant de désintérêt d'un nombre considérable des citoyens. Certes, nul ne peut nier que lors du scrutin d'octobre 2018 nous avons eu des moments forts,  empreints d'une grande charge émotive ou symbolique,  ponctués d'indignation,  de colère,  de ras-bol provoquant un fort désir de changement où à l'inverse ,  une forte résistance qui s'est exprimée par des mobilisations et un militantisme temporaire et effervescent.

 Que dire de la culture de vautour de certains médias. Si les manquements éthiques des membres de la classe politique portent lourdement à conséquence sur la participation citoyenne, il en est aussi de même en ce qui concerne les dérapages déontologiques des membres du pouvoir médiatique. Il ne fait plus aucun doute que la déformation des faits, les raccourcis simplistes et sensationnalistes d’un trop grand nombre de journalistes et de commentateurs autant que les interprétations souvent sarcastiques ou tendancieuses et même parfois outrancières sinon carrément vulgaires contribuent largement à alimenter le cynisme ambiant face à la politique et à ses acteurs, tout en nourrissant la nouvelle culture de la politique spectacle et de l’information spectacle.

 Les obstacles relevés plus haut sont solidement ancrés dans nos sociétés mais ils ne sont pas immuables. Ils cesseront d’imposer leurs effets pernicieux quand une masse critique de citoyens éveillés et désireux de participer à la vie politique et citoyenne se constituera.  À ce propos, on peut affirmer que les changements souhaités, autant que souhaitables, seront facilités quand émergeront et entreront en scène de véritables leaders animés d’une nouvelle éthique fondée sur une conscience de l’importance d’agir, de penser et de ressentir différemment en regard de la vie politique.  À coup sûr, au delà de la reforme du code electoral, ce sont les mentalités qui doivent être changées.

Réforme du code électoral au CAMEROUN : Panacée ou placebo?

Restitution du patrimoine culturel africain: le nouveau défi de l'UA

Le 34ème sommet de l'Union africaine a pris fin dimanche 6 février, après deux jours de réunions. Un sommet un peu particulier puisqu'il était en ligne, pandémie de Covid-19 oblige. Félix Tshisekedi, le dirigeant congolais assure pour un an la présidence de l'UA. Moussa Faki a aussi été réélu président de la Commission de l'UA, l'organe exécutif de l'institution, pour quatre ans. Et les chefs d'Etat sont revenus sur plusieurs dossiers importants du continent et de l'organisation. Dans son rapide discours de clôture dimanche, le nouveau président en exercice Félix Tshisekedi a résumé les deux axes pour l’année à venir.

Restitution d'œuvres d'arts et lutte contre le Covid-19. Ce qui attire le plus notre attention est le point concernant la restitution des oeuvres d'arts  ce d'autant plus que   "Arts, culture, patrimoine" c'est le thème de l'année 2021 de l'UA.

  Un projet qui intervient 4 année  après la visite du président de la république française Emmanuel Macron à l'amphithéâtre bondé de Ouaga devant une centaine d'étudiants burkinabés. En effet, il avait formulé son intention de restituer à l'Afrique son patrimoine en ces termes *je veux que d'ici cinq ans,  les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique*. Une déclaration qui fut suivie plus tard sur le compte Tweeter de l'Elysée par une métaphore ancienne et convenue au musée comme espace carcéral *le patrimoine africain ne peut pas être prisonnier de musées européens*.

S'il est vrai que l'initiative est louable et à encourager, force est de se poser la question de savoir combien de temps cela prendra? En effet, ailleurs en Europe, il a fallu 100 ans pour que la République Fédérale d'Allemagne (RFA) accepte en 2004, de présenter quelques excuses aux "Herero", peuple du sud-ouest africain (actuelle Namibie) victime d'un génocide par empoisonnement, déportations, travaux forcés et mises à mort pour avoir résisté à la loi coloniale allemande en 1904. En 2008, l'Italie mettait fin à 40 ans d'âpres relations avec la Libye en s'excusant pour les "blessures profondes" infligées à cette ancienne colonie italienne entre 1911 et 1943. Le royaume uni a attendu soixante ans pour s'excuser de la répression sanglante et de tortures infligées aux "Mau-Mau" du Kenya dans les années 1950. Mais on est bien loin en Europe d'avoir soldé le passé colonial.  Malgré quelques avancées, la Belgique peine toujours à reconnaître les millions de morts causés par son exploitation du Congo entre 1885 et 1908; en France, les formules percutantes d'Emmanuel Macron sont arrivés après de décennies de déni ou d'affirmations hazardeuses sur les bienfaits de la colonisation.  La prise en charge (historiographique,  psychologique, politique) de ce passé ne constitue pas pour l'Europe et pour certains africains comme un défi majeur du XXIème siècle.

 Une situation qui montre à quel point la restitution du patrimoine ou des oeuvres n'est qu'un chapitre dans l'histoire vaste et certainement plus difficile de l'Afrique. Car dernière le masque de la beauté,  se cachent les séquelles bien plus nombreux qui se manifestent par les immunités économiques,  instabilités politiques,  tragédies humanitaires dû à une décolonisation ratée et une politique patrimoniale et paternaliste à l'égard de ses anciennes colonies.

 

 

 Dans un continent où 60% de la population a moins de 20 ans, il paraît important que cette jeunesse touche du doigt son passé,  accède à sa propre culture , à la créativité et à la spiritualité d'époques certes résolues mais dont la connaissance ne sauraient être réservées aux sociétés occidentales ou aux africains qui vivent en Europe.  Cette restitution permettra à coup sûr de travailler l'histoire et reconstruire la mémoire.

 Toutefois que veut-on ou doit-on restituer réellement? Veut-on restituer à l'Afrique des oeuvres d'arts, son histoire ou son identité? Sur quelle histoire veut-on revenir? À qui doit-on rendre cela? Comment va s'effectuera le retour? À quelle condition et aux frais de qui?  Il y'a un point qui mérite de retenir notre attention notamment celui de la conservation. En effet, Certains conservateurs et historiens français soulignent la responsabilité des musées vis-à-vis d’œuvres uniques au monde, précieuses et fragiles, et donc difficile à déplacer. Mais surtout, ils sont soucieux des capacités muséales africaines. Des craintes qui reposent en partie sur des exemples historiques malheureux, notamment le plus fameux d’entre eux, le pillage en 1997 d’œuvres restituées vingt ans plus tôt par la Belgique, au musée National de Kinshasa”, recontextualise Néon. Du côté du Bénin, d’autres confirment le mauvais état des infrastructures culturelles, qui font courir un danger aux oeuvres. “Notre culture, si on en avait pris soin, on n’en serait pas là” s'agace Romuald Hazoumé, star de l’art contemporain africain dans l’émission Stupéfiant. Pour lui, le Bénin ne doit “surtout pas récupérer ses trésors”. Son sang ne fait qu’un tour quand il évoque le palais d'Abomey : “allez voir leur état, c’est lamentable, honteux”. Gabin Djimassé, directeur de l’office du tourisme du Bénin déplore : “C’est une catastrophe. On a constaté la disparition d’un nombre important d’oeuvre. Non pas forcément parce qu'elles ont été vendues, mais pour mauvais entretien, ces oeuvres-là ont disparu, sont pourries, irrécupérables”.  Des préalables qu'il faudra régler de peur de mettre la charrue avant les bœufs.

 Restitution du patrimoine culturel africain: le nouveau défi de l'UA

Élection des Exécutifs Régionaux: Un jour historique pour le paysage institutionnel Camerounais

 Ce 22 décembre 2020 est un tournant décisif dans l'histoire institutionnelle du Cameroun avec l'élection des exécutifs régionaux qui marque la concrétisation de la mise en place des régionaux dans ce pays d’Afrique central.

 Selon l'article 307 du code général des collectivités territoriales décentralisées, le conseil régional élit en son sein, au cours de sa première session,  un président assisté d'un bureau composé d'un premier vice-président, d'un vice-president, de deux questeurs et de deux secrétaires et selon l'alinéa 2 le président du conseil régional est une personnalité autochtone de la région, élue en son sein pour une durée du mandat du conseil. Le bureau régional doit refléter la composition sociologique de la région, et non pas seulement celle du conseil régional dont il est issu.  Néanmoins, une chose peut d'ores et déja attirer notre attention. Il s'agit du nombre de personnes qui siègeant  au sein du bureau. Soit sept personnes. C'est à se demander si ce chiffre va refléter la composition sociologique de la région. Seule l'expérience tirée de la mise en oeuvre de loi montrera. Le président du conseil régional a pour rôle: la préparation et l'exécution des délibérations du conseil régional, l'ordonnancement des recettes et dépenses de la région, la gestion du domaine de la région.... le president et les membres du bureau bénéficient d'indemnités fixées par la loi.

 Selon l'article 60 de la constitution, le président et le bureau du conseil régional peuvent être suspendus par le Président de la république pour les mêmes raisons qui, par ladite constitution, peuvent conduire à la suspension et à la dissolution du conseil régional. De la sorte, la suspension de l'article 59 de la constitution ne peut être distinguée de celle de l'article 60 du même texte.  Elles vont nécessairement de pair.

  Il faut rappeler qu'auprès de l'exécutif régional, siège le conseil régional qui est l'organe délibérant de la région et est composé de 90 conseillers régionaux dont le mandat est de 5 ans à savoir les délégués des départements élus au suffrage universel indirect et les représentants du commandement traditionnel élus par leurs pairs. Le président de la république nommes aux fonctions de secrétaire général de la région, sur proposition du Ministre chargé des collectivités territoriales décentralisées. Il met fin auxdites fonctions (article 323).

 Cette configuration des organes n'est pas la même dans les régions du Nord-Ouest et du sud-ouest qui bénéficient d'un statut spécial.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest disposent, comme les autres régions, d’un organe délibérant et d’un organe exécutif.

Contrairement à celles-ci où seul le Président du Conseil Régional est l’exécutif assisté d’un Bureau régional élu en même temps que lui au sein du conseil, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’exécutif est collégial et est appelé Conseil Exécutif Régional. Il se compose d’un Président, d’un Vice-Président, de trois Commissaires, de deux Secrétaires et d’un Questeur, soit huit (08) membres.

Bien que collégial, l’exécutif a pour chef le Président du Conseil Exécutif Régional. Ce dernier, personnalité autochtone élue au sein de l’Assemblée Régionale, est issu de la catégorie des délégués des départements.

Le Vice-Président dudit Conseil, issu de la catégorie des représentants du commandement traditionnel, est également une personnalité autochtone de la région conformément à l’article 57 alinéa 3 de la Constitution. Il assiste le Président dans l’exercice de ses fonctions et reçoit de lui délégation de signatures pour l’exécution des missions qui lui sont confiées.

Les trois (03) Commissaires, spécificité propre aux régions susvisées, sont comparables à des membres d’un Gouvernement dans un exécutif. Ils sont chargés de la mise en œuvre de la politique de la Région relative à l’exercice des compétences transférées dans les trois grands domaines qui sont leurs attributions spécifiques, à savoir :

 

Un (01) Commissaire chargé du développement économique ;Un (01) Commissaire chargé du développement sanitaire et social ;Un (01) Commissaire chargé du développement éducatif, sportif et culturel.

 

Les Secrétaires assurent le secrétariat dans chacune des chambres de l’Assemblée Régionale. Leurs attributions sont définies par le règlement intérieur, au même titre que celles du Questeur.

Les membres du Conseil Exécutif Régional sont élus dans les mêmes conditions que les exécutifs des autres régions. Ils prêtent serment devant la Cour d’Appel compétente avant leur entrée en fonction et la formule du serment est prononcée en langue anglaise.

L’appartenance des membres du Conseil Exécutif Régional à l’Assemblée Régionale s’inspire du modèle anglo-saxon dans lequel l’exécutif est issu du Parlement. A ce titre, le Président du Conseil Exécutif Régional, qui préside l’Assemblée Régionale, peut être destitué par la procédure de l’impeachment, au même titre que tous les autres membres du Conseil Exécutif Régional. L’administration régionale fonctionne dans les mêmes conditions que celles des autres régions

 

 

 

 Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest disposent, comme les autres régions, d’un organe délibérant et d’un organe exécutif. Cependant, elles s’en distinguent à travers la dénomination desdits organes.

L’organe délibérant y prend l’appellation d’Assemblée Régionale, constituée de deux (02) chambres que sont : la house of divisional representatives et la house of Chiefs. Cette organisation particulière s’appuie sur le passé de ces régions qui ont connu une tradition parlementaire. Elles disposaient d’un Parlement bicaméral avec une chambre des représentants et une chambre des chefs traditionnels. Le Code Général des CTD à travers le statut spécial, a voulu restaurer cette spécificité liée à l’histoire des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui accordait aux autorités du commandement traditionnel voix au chapitre dans la gestion des affaires locales.

Le caractère bicaméral de l’Assemblée Régionale en deux chambres vise à améliorer la qualité des débats et des délibérations qui en seront issus. La discussion d’un projet de délibération au sein de ces chambres à travers le mécanisme de navette permettra de recueillir un maximum d’avis sur ledit projet et participera à l’amélioration de sa valeur. De même, comme dans les systèmes de tradition parlementaire, les membres de l’exécutif sont issus de l’Assemblée Régionale. A cet égard, l’organe délibérant garde la possibilité, à travers la procédure de l’impeachment, de destituer l’exécutif.

La House of divisional representatives est composée de 70 membres élus par un collège électoral constitué des conseillers municipaux de chaque département de la région. Elle statue sur toutes les matières relevant de la compétence de l’Assemblée Régionale et dispose de cinq (05) commissions dont une spécifique aux questions d’éducation. Elle est présidée par le Président du Conseil Exécutif Régional.

La House of Chiefs quant à elle comprend 20 membres issus du commandement traditionnel. En plus de statuer sur toutes les matières relevant de la compétence de l’Assemblée Régionale, elle émet un avis conforme sur :

 Le statut de la chefferie traditionnelle ;L’organisation des manifestations culturelles et traditionnelles dans la Région ;La collecte et la traduction des éléments de la tradition orale ;La gestion et la conservation des sites, monuments et vestiges historiques.

 

Présidée par le Vice-Président du Conseil Exécutif Régional, la House of Chiefs dispose de deux (02) commissions.

L’Assemblée Régionale dans les régions à statut spécial du Nord-Ouest et du Sud-Ouest comporte en tout sept (07) commissions, contrairement aux autres régions qui n’en comptent que quatre (04).

Les deux chambres se réunissent séparément aux mêmes dates, et peuvent siéger en formation réunie à l’ouverture et à la clôture de la session, lorsque des matières particulières sont inscrites à l’ordre du jour, notamment le rapport d’activités, l’adoption du programme économique, la mise en œuvre de la procédure d’impeachment, ou lorsque les circonstances l’exigent.

Leur mode de fonctionnement, intègre le principe de la navette pour l’adoption des délibérations comme c’est le cas entre l’Assemblée Nationale et le Sénat. Chacune des chambres adopte séparément son règlement intérieur, tandis que l’Assemblée Régionale adopte le règlement intérieur de la chambre entière, lequel fixe la procédure de l’impeachment.

 

 

 *LIONEL MOUAGA, SÉNATEUR JUNIOR DU CAMEROUN POUR LES NATIONS UNIES ET COORDONNATEUR NATIONAL DE YOUTH MOUVEMENT IN POLITICS*

Élection des Exécutifs Régionaux: Un jour historique pour le paysage institutionnel Camerounais

Ouverture de la session Parlementaire au Cameroun : L'adoption d'un budget aux multiples enjeux

 La session qui s'ouvre ce jeudi 12 novembre 2020 à l'Assemblée nationale et au Sénat, sera consacrée principalement à l'examen et à l'adoption du budget de l'Etat 2021. Proposer, examiner et adopter le budget de l'Etat pour l'exercice 2021.

 L 'adoption du budget est encore appelée autorisation budgétaire. On parle d'autorisation parce que par leur vote, les parlementaires transforment le projet de loi de Finance en acte juridique autorisant le gouvernement à exécuter le budget. Il s'ensuit que l'autorisation budgétaire présente un double caractère. Elle est de nature législative, en raison de la compétence exercée en la matière par le parlement. Elle est aussi préalable dans la mesure où la loi de finances doit être adoptée avant l'ouverture de l'exercice sur lequel elle porte.

Il faut rappeler que dans la phase préparatoire du Budget, le parlement est désormais impliqué à travers le débat d'orientation budgétaire.  En effet, l'institution d'un débat d'orientation budgétaire (DOB) est une prescription communautaire formulée à l'article 9 de la directive n°01/11-UEAC-190-CM-22 relative aux lois de finance. Elle est reprise par l'article 11 de la loi n°2018-012. Il s'agit d'un débat organisé par le parlement sur la base de documents et rapports que le gouvernement est tenu de lui transmettre au plus tard le 1er juillet de l'exercice en cours. Organisé en séance publique, ce débat n'est pas suivi de vote. Spécifiquement pour cette troisième et dernière session ordinaire de l'année, il sera question après le dépôt de la loi de finance de l'année 2021, de l'examen du projet de loi par la commission des finances et du budget qui sera chargée de l'examiner en profondeur car elle est censée avoir l'expertise technique.

 Elle va auditionner le ministre en charge des finances, ainsi que les autres membres du gouvernement sur l'enveloppe budgétaire prévue pour leur département ministériel. Lors de leur passage, les ministres peuvent se faire accompagner de leurs proches collaborateurs.  À l'issue de son examen, le rapporteur général de la commission établit un rapport qui servira de document de base à la chambre réunie en plénière. Puis suivra la discussion et le vote de la loi de finances en plénière dont le pouvoir des parlementaires est encadré juridiquement.

  Pour l'année 2021, le gouvernement du cameroun prévoit un budget de l'État qui s'élève à 4858,2 milliards de fcfa.  Soit une hausse d'un peu plus de 449 milliards par rapport à l'année 2020 en cours.

Les enjeux de l'adoption de ce buget peuvent être analysés à la lumière  de la circulaire N°001/CAB/PRC du 10 juillet 2020 relative à la préparation du budget et pour l'exercice 2021 signée par le Président de la république.  Il s'agit entre autres de la mise en oeuvre du plan global de riposte contre la covid-19; la prise en charge de la sécurité sur l'étendue du territoire national, et la reconstruction des régions de l'Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-ouest, gravement affectées  par l'insécurité; la finalisation de certains grands programmes en cours, à l'instar du PLANUT, Plan Triennal Spécial Jeunes et la préparation du CHAN 2021 ET DE LA CAN 2022; La mise en oeuvre de la couverture santé universelle dont la première phase couvre la période 2021-2025 et concerne potentiellement 7 millions de personnes pour un coût qui reste à déterminer (elle concerne les enfants âgés de 0 à 5 ans,  les femmes enceintes, les patients couverts par les programmes de santé publique tels que la tuberculose et le paludisme..);  le service de la dette intérieur et extérieur dont il faut respecter les échéances et l'accélération du processus de décentralisation.

 Concernant ce dernier cas, le code général des collectivités territoriales décentralisées du 24 décembre 2019 prévoit en son article 25 (1) *il est institué une dotation générale de la décentralisation destinée au financement partiel de la décentralisation. (2)La loi de finance fixe chaque année,  la fraction des recettes de l'État affectée* et à l'alinéa 3 de préciser que *la fraction mentionnée à l'article 2 ci-dessus ne peut être inférieure à quinze pour cent (15%)*.  Malheureusement,  malgré cette disposition législative, l'État n'a que consacré 1% de son budget aux collectivités territoriales décentralisées soit 49,9 milliards en cette année 2020. Espérons qu' avec la tenue prochaine des élections régionales, l'État va respecter la fraction imposée par la loi. Toujours est-il que faudra déterminer les sources de financement de cette dotation.

Ouverture de la session Parlementaire au Cameroun : L'adoption d'un budget aux multiples enjeux

Cardinal Pietro Parolin au Cameroun : une visite d'État sous fond de médiation de la crise au NOSO

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a entamé jeudi une visite de cinq jours dans le pays qui va le conduire notamment à Bamenda, au Nord-Ouest.  Ce vendredi, il a été reçu par le chef de l’État Paul Biya au palais présidentiel de l’Unité, a fait un tour au _foyer de l'espérance_ fondé par le jésuite père Yves Lescanne et a rencontré les évêques du pays au siège de la conférence épiscopale. Venu avec un message de paix, le numéro deux du Saint-Siège compte bien peser pour qu’un véritable dialogue puisse s’amorcer entre Yaoundé et les séparatistes. A indiqué la RFI.

  Le Vatican a toujours manifesté son attention à la crise dite anglophone dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun.  En effet, à  l'issue de l'audience générale du 28 octobre 2020, le Pape François avait exprimé sa douleur pour la mort d'élèves, tués dans leur école à Kumba. Il avait appelé à faire taire les armes dans cette région marquée par un conflit depuis plusieurs années.  On se souvient également que le Nonce apostolique au Cameroun et en Guinée Equatoriale, Mgr Julio Murat, avait été reçu en audience par le président Paul Biya, le lundi 18 Mars 2019 à Yaoundé. Mgr Murat était porteur d’une lettre du Pape François au président Biya.

Le Pape souhaitait des solutions justes et pacifiques pour la crise anglophone au Cameroun.  Ce d'autant plus que l'église catholique est une victime collatérale de cette crise comme en témoigne en novembre dernier lorsque le cardinal Christian Tumi, l’archevêque émérite de Douala, très engagé lui aussi pour la paix, avait été brièvement enlevé par des séparatistes ambazoniens, une prise d’otage qui avait provoqué la stupeur à Rome.  Il se rendra ce dimanche à Bamenda, chef-lieu de la région du nord-ouest et point d’orgue de son voyage, pour remettre le pallium à l’archevêque local Mgr Andrew Nkea, qui est déjà très engagé localement dans le dialogue entre belligérants. Le pallium est cette écharpe de laine qui symbolise l’union des archevêques avec le pape, manière de prouver que François reste très attentif à cette province.

  S'il y'a un domaine dans lequel les institutions religieuses auront fait preuve d'une expertise reconnue, c'est celui de la médiation dans les conflits politiques violents. Fortement détachés de par la sécularisation des positions de pouvoir,  les acteurs ecclésiaux font preuve d'une forte connaissance et imprégnation des enjeux géopolitiques de ce monde.  À titre d'illustration, En septembre 2013, le Pape avait appelé à une journée de prière interreligieuse pour la paix en Syrie, en opposition à un projet, finalement abandonné, d’intervention militaire franco-américaine. En novembre 2015, il s’est, à ses risques et périls, rendu en Centrafrique pour œuvrer au processus de paix et renouer des liens entre chrétiens et musulmans. À Bethléem, en mai 2014, il a invité les présidents Shimon Peres et Mahmoud Abbas à venir prier ensemble au Vatican le mois suivant et a marqué un arrêt impromptu  et réprobateur au pied du mur séparant Israël de la Palestine. Pour favoriser la réconciliation entre le pouvoir colombien et la rébellion des Farc, il a reçu au Vatican, en décembre 2016, Juan Manuel Santos et Álvaro Uribe, respectivement actuel et ancien chef de l’État, et s'était rendu à Bogotá en septembre de la même année. En Chine, il a repris langue avec les autorités concernant le statut et la nomination des prêtres catholiques qui refusent de faire allégeance au Parti communiste.

  Autant de faits qui montrent à quel point l'église catholique a toujours été soucieuse de rétablir la paix, la solidarite et l'unité dans le monde en proie à de multiples conflits.

 

Cardinal Pietro Parolin au Cameroun : une visite d'État sous fond de médiation de la crise au NOSO

Élection présidentielle au Ghana : Une démocratie à l'épreuve des vieux démons du continent

   Le Ghana fait partie des premiers pays en Afrique noir à avoir obtenu son indépendance en 1957. Depuis cette période, la démocratie ghanéenne s'est construite dans la fièvre à travers les putsch du colonel Ignatus Acheampong en 1972, puis celui de Jerry Rawlings en 1981.

Deux moments phares dans l'histoire politique de ce pays qui ont permis de bâtir dans la douleur un système démocratique envié et respecté à travers tout le continent africain.  Des institutions très respectées, une élite politique éduquée et des chefs traditionnels qui occupent une place très importante au cœur de la régulation des tensions, la démocratie ghanéenne a toujours su allier tradition et modernité.

 Le système politique ghanéen est dominé par deux partis politiques à savoir le New Patriotic Party (NPP) et le National Democratic Congress  (NDC). Tandis que le NPP est libéral et probusinness, le NDC a une vision plus populiste. Les deux partis couvrent 90% de l'électorat et s'alternent régulièrement au pouvoir. Ainsi, l'échec à l'issue d'une élection ne saurait être synonyme de la mort d'un candidat ou d'un parti. Les partis jouent un rôle d'éducation politique de la population, et servent à canaliser de manière efficace les intérêts divergents, en évitant ainsi les conflits violents.

 Toutefois, cette démocratie qui semble être bâtie sur du roc n'est pas à l'abri de tout tressaillement.  Notamment à cause des démons qui hantent les acteurs politiques de ce pays depuis 2008 à la contestation du verdict des urnes qui endommagent non seulement la réputation de la commission électorale mais aussi et surtout celle du pouvoir judiciaire qui sont deux acteurs clés du jeu électoral. En effet, en 2008,  Nana Akufo-Addo qui espérait tellement une victoire, avait été rappelé à l'ordre par le Président John Kufuor à fin qu'il évite au pays un bain de sang similaire à celui de ses voisins. En 2012, Toujours Nana Akufo-Addo avait déposé une plainte relevant des irrégularités trop énormes pour être ignorées avant d'être rappelé à l'ordre que la démocratie Ghanéenne ne pouvait subir une telle déconvenue.  Il avait alors reconnu la victoire de John Dramani Mahamat.  Il y a quatre ans, John Dramani Mahama, président sortant, battu par Akufo-Addo, a bien tenté de jouer les Donald Trump avant l’heure. Jerry J. Rawlings, dont il avait été le ministre, lui avait alors rappelé que l’image du Ghana ne pouvait souffrir de telles caprices. Il lui avait été discrètement rappelé qu'il n'avait pas le droit de donner du pays l'image d'une démocratie de pacotille.

 Cette année, c'était la première fois depuis le rétablissement de la démocratie en 1992, après des années de régime militaire, qu'une élection a été organisée sans l'influence de l'ancien président Jerry Rawlings. Le leader charismatique et populaire qui a supervisé le retour du multipartisme est mort à l'âge de 73 ans dans l'hôpital de la capitale,  Accra, le 12 novembre, dès suite de courte maladie. Comme il fallait donc s'y attendre, avec l'absence de son mentor et l'image d'un Donald Trump mauvais perdant, John Dramani Mahamat conteste une fois de plus le verdict des urnes et a fait appel.

 Le Ghana est souvent présenté comme un exemple de stabilité au coeur d'une région troublée par des conflits et coups d'État. C'est sa 8ème élection depuis le retour du multipartisme en 1992. Étant l'un des rares pays en afrique à invoquer Dieu dans son hymne, il faut donc conclure avec Jean Baptiste Placca qu'il ne reste plus qu'à espérer voir le ciel indiquer à chacun le chemin du bien et le sens de l'honneur

Élection présidentielle au Ghana : Une démocratie à l'épreuve des vieux démons du continent

OUATTARA et BEDIÉ : Deux hommes, deux méthodes différentes, une élection pour un ultime combat

Comme le rapporte le magazine d’information “Jeune Afrique”, l'histoire commune des deux hommes épouse celle de la côte d'ivoire indépendante. C'est une pièce en plusieurs actes. Une comédie politique qui voit sans cesse les mêmes personnages revenir sur le devant de la scène.  Ils en sont les acteurs principaux et maîtrisent les rouages mieux que personne.  Après s'être affrontés pour monter sur le trône de Felix Houphouët-Boigny, après s'être alliés contre Laurent Gbagbo, ils sont une nouvelle fois ennemis. Cette fois-ci, peut-on parler d'un dernier round ?

Si tel serait le cas, les deux hommes malgré leurs âges très élevés (78 ans pour Ouattara et 86 ans pour Bedié) et le fait d'être parmi les quatre candidats à la présidentielle, ont choisi des méthodes différentes pour battre campagne pour des causes bien distinctes.

 Le président sortant Alassane avait lancé sa campagne le 17 octobre 2020 à bouaké devant plusieurs milliers de personnes. Pour cette campagne électorale,  ses équipes de campagne ont décidé d'aller chercher les électeurs jusqu'à chez eux,  avec des spots télévisés valorisant son bilan, et son programme pour le prochain mandat.  En raison du boycott de deux candidats de l'opposition à savoir Pascal Affi N'guessan et Henri Konan Bedié, la campagne est quelque peu monotone ,  comme s'il était le seul en lice pour cette élection.

 Pourtant sur 4 candidats en lice,  un autre bat aussi campagne . Il s'agit de Kouadjo Konan Bertin dit KKB.  Mais,  seuls les affiches et posters géants d'Alassane Ouatarra sont plus visibles car ceux de KKB sont presque invisibles.  En plus des panneaux d’affichages, la télévision, la radio et les journaux, les candidats Alassane Ouattara et Kouadio Konan Bertin, font tous campagne sur les réseaux sociaux.

 De l'autre côté,  on a Henri Konan Bedié qui certes tout en étant candidat à la présidentielle a appelé avec certains partis d'opposition au boycott actif de toutes les opérations électorales,  en vue d'empêcher la tenue du scrutin présidentiel du 31 octobre 2020. Ces partis ont appelé leurs militants à faire barrage à ce qu'ils qualifient de coup d'État électoral du président sortant, Alassane Ouattara.

  Il faut rappeler que la désobéissance civile n'est pas une première dans l'histoire de ce pays de l'Ouest de l'Afrique.  En effet, en 1944, la création du syndicat Agricole Africain par des africains, bel et bien citoyens français,  s'était servi de la désobéissance civile comme un outil de paix,  pour renoncer à leurs avantages et prestiges sous l'administration coloniale et s'engager dans le combat pacifique d'émancipation des peuples colonisés. 

Il faut également  rappeler qu'entre 2010 et 2011 (avec la crise postélectorale), le départ volontaire du Président Henri Konan Bédié de sa résidence pour trouver refuge à l’hôtel du Golf, la création de la télévision TCI opposée à la RTI, la prestation de serment au Golf, la démission du Premier Ministre d’alors et son ralliement aux Autorités du Golf, la constitution d’un gouvernement au Golf, la démission de certains ministres du gouvernement GBAGBO, la démission et la désobéissance de certains préfets, le rappel de certains Ambassadeurs et la nomination de nouveaux Ambassadeurs pour les remplacer à partir du Golf,… constituaient  de belles victoires de la désobéissance civile à l’ivoirienne. 

 En plus de la désobéissance civile , Henri Konan Bedié a entrepris des initiatives diplomatiques comme en témoigne le voyage effectué à accra le 12 octobre dernier pour rencontrer le président en exercice de la CEDEAO Nana Akufu Ado.

 Difficile de dire  pour l'heure si cette méthode de désobéissance civile portera ses fruits lors du premier tour de la présidentielle du 31 octobre au cours duquel 7,5 millions de citoyennes et citoyens sont appelés à glisser leur bulletin dans l'urne.  Ils avaient jusqu'à dimanche dernier pour retirer leurs cartes d'électeurs. Selon RFI moins de la moitié des électeurs soit 41% des 900 000 nouveaux inscrits se sont déplacés pour la récupérer. 

Cette mobilisation faible peut-elle s'expliquer par l'appel à la désobéissance civile et au boycott actif ?

Tout porte à croire qu'après cette élection, le débat va basculer de la légalité de la candidature d'Alassane Ouattara à la légitimité de son pouvoir.

Vivement que les ivoiriens soient sages et que la paix y règne dans ce pays.

OUATTARA et BEDIÉ : Deux hommes, deux méthodes différentes, une élection pour un ultime combat

Prestation de serment de Joe Biden : Une prestation dans une Amérique divisée

Contrairement à la tradition aux États-unis, Donald Trump a déclaré le 8 janvier qu'il n'assisterait pas à l'investiture, une décision très inhabituelle qui ne s'est produite qu'une poignée de fois depuis que John Adams a succédé à George Washington en 1797. Ce qui fait de lui le premier président sortant à refuser d'assister à la cérémonie de son successeur depuis 1869. Au lieu de cela, selon CNN, Donald Trump devrait quitter la Maison Blanche avant la cérémonie d'investiture de midi. Son équipe travaillerait à rassembler une grande foule pour le saluer, a indiqué la chaîne.  C'est donc dans ce contexte de crise inédit que Joe Biden va officiellement être investi 46eme président des États-Unis.

John Roberts, le juge en chef de la Cour suprême, fera prêter serment au démocrate sur la Bible familiale des Biden, datant de 1893, qu’il a utilisé pour toutes ses prestations de serment -et que son fils Beau, décédé en 2015, avait utilisé lorsqu’il a pris ses fonctions de procureur général du Delaware en 2007.

 Aux Etats-unis, les écarts entre les démocrates et républicains aux USA ont toujours porté sur les enjeux culturels auxquels de nombreux électeurs attachent une grande importance. Qu'on parle d'avortement, d'armes à feu, d'homosexualité, d'immigration, de peine de mort ou de manifestations contre les injustices raciales, ces enjeux ont toujours touché des considérations identitaires sur lesquelles plusieurs électeurs sont imperméables au compromis. Mais sauf que, depuis l'arrivée du président Sortant Donald Trump, certes il a trouvé cet environnement polarisé,  mais il l'a exploité pour ses propres fins politiques et a contribué à creuser davantage le fossé entre les différentes parties. 

En effet,  loin d'une Amérique conservatrice et autoproclamée porteuse de valeurs Américaines,  mettant en avant la religion et un patriotisme justifié par l'idée du messianisme de Washington, s'opposant à une Amérique fondamentalement plus laïque, plus ouvert sur l'extérieur,  mais également plus progressiste défendant l'avortement,  le mariage gay,  ou l'interdiction du port d'arme, on assiste à une instrumentalisation des reflets identitaires et une manipulation des pulsions et émotions pour diviser davantage le pays. Ainsi,  un fossé qui a pris  de plus en plus de l'épaisseur sous la férule d'une administration Trump provoquante, stigmatisante et soufflant  sur le brasier social plongeant l'Amérique dans une décomposition inquiétante et une décadence violente et effrayante. De là naît  donc la réflexion sur l'existence d'une Amérique profondément divisée et dont la division  dépasse largement les échéances électorales, générant une incompréhension du reste du monde,  risquant de faire des Etats-Unis une nation rétrograde. Les débats débordent la seule sphère politique pour s'inviter dans le café des intellectuels, les plateaux télévisés. Chacun assiste à cette guerre fratricide aux conséquences incertaines.

 Les élections du 4 novembre dernier, les événements du Capitole du 06 janvier et la présence de 25000 soldats à cette cérémonie d'investiture ce jour renforcent l'idée d'un pays fragmenté à tous les niveaux et à toutes les échelles. Une société déchirée,  qui se radicalise dans ses idées, ou parfois s'affronte physiquement. Un peuple meurtri par un discours  va-t-en-guerre, belliqueux et belliciste d'un president d'extrême droite populiste.

  Le premier chantier  qui attend le 46eme président des États-Unis est de rassembler des ÉTATS qui n'ont jamais été desunis avec d'un côté, les villes de la côte ouest et de la côte Est,  de l'autre, les campagnes et les riches industrielles du centre des États-unis. D'un côté les "BLACK LIVES MATTER" et de l'autre les casquettes rouges des partisans de Trump qui n'arrivent pas à se parler. Deux Amériques qui ne s'écoutent pas et se tournent même le dos alors qu'elles continuent de faire entendre parler d'elles. Biden a d'ores et déja débute ce rassemblement en mettant en place le cabinet le plus diversifié de l'histoire.

Prestation de serment de Joe Biden :  Une prestation dans une Amérique divisée

Crise FECAFOOT - LFPC au Cameroun : Paul Biya sort de son silence

Par une correspondance adressée au secrétaire général de la présidence de la République (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, le chef de l'Etat a prescrit une rencontre entre les parties en crise pour éviter d'éventuelles représailles de la FIFA.

Le football camerounais est en grand danger et l'image du Cameroun est ternie dans le monde. Et tout cela à cause des intérêts personnels des dirigeants qui ont pris le dessus sur les intérêts des footballeurs en particulier et ceux des Camerounais en général. C'est une honte pour un pays qui s'est fait un nom grâce à son football et à ses stars. Les mêmes histoires se répètent tout le temps.

Les grandes autorités sont intervenues mais rien n'a changé. Que ce soit le Tribunal arbitral du sport (TAS) ou la Fédération internationale de football association (FIFA). Enfin, ce "sous-problème" a permis au président Paul Biya de sortir de son silence. Mais il devrait plutôt se concentrer sur les crises auxquelles le Cameroun est confronté depuis longtemps. Il charge le Premier ministre Joseph Dion Ngute de mettre fin à la situation confuse qui prévaut dans le secteur du football camerounais et demande que tous les protagonistes soient réunis aujourd'hui pour trouver une solution à ce problème qui devient de plus en plus un casse-tête insupportable.

Mardi dernier, au lieu de trouver une solution favorable aux deux parties, la FIFA a plutôt mis l'huile sur le feu en prenant position. Elle a décidé que "la FECAFOOT" doit prendre sans délai toute mesure permettant en priorité la reprise sous son égide du championnat interrompu", rappelant qu'il lui appartient de veiller "à ce que ses membres, dont la FECAFOOT, puissent exercer leur droit et leur obligation d'organiser des compétitions". Une décision qui est mal prise par le LFPC qui devrait normalement s'occuper des championnats sous l'égide de la FECAFOOT.

Désormais, l'instance dirigeante du football camerounais a annoncé le début du championnat le 22 novembre 2022. Et le LFPC, qui ne se laisse pas prendre en main, a maintenu sa décision selon laquelle le championnat interrompu est bien celui lancé le 1er novembre. Enfin, les Camerounais sont confus.

Cette situation est tout simplement déplorable. Ces hommes attaquent l'avenir des footballeurs par leur conflit. Le football ne peut être joué, et encore moins développé, si nos dirigeants passent tout leur temps à se battre. Même la FIFA est fatiguée de nos problèmes répétitifs qui font honte à nos footballeurs aux yeux du monde. On peut même se demander si ce ne sont pas ces situations qui les font prendre une retraite internationale très précoce, alors qu'ils sont en pleine forme pour défendre leur drapeau.       

Une délégation de la FIFA est annoncée dans les prochains jours au Cameroun pour tenter de résoudre ce problème entre les deux parties. Le président de la Ligue a annoncé à son tour une nouvelle saisine du Tribunal arbitral du sport (Tas). Il a demandé "l'annulation de la décision prise en novembre 2020 par le Comité exécutif de la FECAFOOT qui est contraire à la sentence du Tas du 14 septembre 2020".

Ce feuilleton entre Seydou Mbombo Njoya et le général Pierre Semengue est loin d'être terminé. Il reste à voir si le président Paul Biya sera en mesure de résoudre ce problème.

Crise FECAFOOT - LFPC au Cameroun : Paul Biya sort de son silence

Tuerie de kumba: la nation Camerounaise touchée dans sa chair

  Depuis samedi, le cameroun est en deuil, des victimes d'un acte fou et haineux, mais de son innocence. 

Je me dis que si j'ai tant de peine alors que je ne connais pas les victimes,  combien la douleur et incompréhension des familles et amis doivent être grandes.  La cause que ces radicaux de tout acabit cherchent à soutenir n'a rien d'humain. Ils servent les intérêts de groupes ou d'individus qui souhaitent donner un sens à leur vie médiocre en satisfaisant leur vengeance ou leur soif du pouvoir. Notre pays fort de ses citoyens,   doit résister à l'impulsion du repli sur soi et du rejet de l'autre mis en vogue par la nouvelle conjoncture du conflit.

   Ce qui semblait tenir de l'impossible il y'a de cela quelques années est survenu à nos yeux. Des femmes filmées en train d'être décapitées et l' école transformée en boucherie humaine.  Le doute a cédé place à la triste et implacable réalité.  Regardant impuissant ces corps d'enfants innocents baignant dans une marre de sang. La violence nous a rattrapé et frappé de plein fouet.  Des enfants qui ne demandaient qu'à bénéficier de leur droit à l'éducation. Rien que ça.

 Nous sommes tous consternés par ce geste incompréhensible. Un acte inqualifiable et honteux visant à infliger d'indicibles souffrances aux familles. Indicible est la peine du peuple camerounais qui est dans le désarroi face à cette tuerie lâche et innommable.

 Il nous est impossible de ressentir l'extrême tristesse que ces familles endurent en ce moment.  Cela nous brise le coeur qu'une telle  action se soit déroulée dans notre pays le Cameroun.  Pays autrefois admiré sur la scène internationale et en Afrique centrale pour son unité nationale,  sa stabilité politique  et son climat de paix d'où cette affirmation le Cameroun est *un îlot de paix dans un océan de conflits*.  C'est pourquoi j'ai la ferme conviction que ces criminels sans foi ni loi ne pourront en aucune manière semer la zizanie dans notre pays où la diversité fait notre grande force. Ce geste lâche fait par des terroristes ignobles dans le but de nous diviser est fait en vain. Car notre pays qui est un pays carrefour en Afrique,  un pays d'hospitalité, composé de multiples ethnies,  confessions religieuses,  où on enseigne une multitude de langues étrangères a été et restera à vie l'endroit où toutes les personnes peuvent vivre ensemble.

 Notre jeunesse n'a pas envie de vivre dans un Cameroun rempli de peine et de haine,  dèja que pour nous, il est difficile de réussir notre vie d'où la nécessité de vivre en paix avec pleins de rêves plutôt que de subir le quotidien. Tout mon profond respect à nos forces de défense et de sécurité et aux familles des victimes. Que les blessés se remettent vite et que les défunts reposent éternellement en paix.

 J'aimerai terminer avec cette citation de Jack Layton *l'amour est cent fois meilleur que la haine.  L'espoir est meilleur que la peur. L'optimisme est meilleur que le désespoir. Alors aimons nous,  gardons espoir et restons optimistes (...)* J'ai foi que la republique va triompher.

 

 

 

 

Tuerie de kumba: la nation Camerounaise touchée dans sa chair

Quand les fêtes de fin d'année dansent avec les accidents : Tirons la sonnette d'alarme

  39 morts et 19 blessés dont 12 dans un état grave, C'est le dernier bilan officiel communiqué hier au journal de 20h sur les ondes du poste national de la crtv suite à l'accident survenu dans la nuit allant du 26 décembre au 27 décembre sur le pont Nemale près de makenene dans le mbam et inoubou région du centre.

 L'euphorie des fêtes de fin d'année de l'an apporte alors son lot de malheurs avec cet accident qui effraie et suscite diverses interprétations, y compris mystique.  Si Noël est un moment festif et le nouvel an un moment de réjouissance populaire, ces instants peuvent aussi être synonyme d'accidents avec plusieurs décès au compteur comme vient nous rappeler cet accident tragique. Si ces accidents peuvent être liés à diverses causes notamment l'état dégradant des axes routiers, l'état technique parfois défaillant des véhicules à quatre et à deux roues mis en circulation et l'imprudence des Hommes, nos routes doivent cesser d'être des mouroirs et cela dépend de chaque usager.

 En cette période particulièrement sensible qui marque le passage d'une année à une autre, les usagers de la route doivent faire preuve d'une grande vigilance et prudence en adoptant un comportement responsable et citoyen.  Comportement responsable et citoyen qui doit se traduire par le respect scrupuleux du code de la route en évitant des comportements à risques tels que la prise de la drogue au volant, la conduite en état d'ébriété ou la fatigue.  Car l'indiscipline des motocyclistes et des automobilistes, qui font un pied de nez au code la route,  est source de dangers quotidiens.

 Les autorités doivent redoubler de vigilance et se mobiliser sur nos routes en cette fin d'année.  Les contrôles doivent être renforcés, les campagnes de sensibilisation doivent s'intensifier notamment sur les dangers liés à l'excès de vitesse, la fatigue et l'alcool au volant. Il n'y a pas que les conducteurs, même les piétons méritent d'être sensibilisés. Les autorités doivent être sans pitié à l'égard des contrevenants pour que l'insécurité routière cesse de faire la une de l'actualité en plein cœur des fêtes de fin d'année.

À l’aube de cette nouvelle année, réaffirmons notre engagement à lutter, contre ce qui constitue l’un des plus grands dangers pour la santé publique mondiale en ce début de siècle. Sans perdre de vue en même temps qu’au-delà de cet objectif de santé publique, nous poursuivons plus largement un dessein social qui nous concerne tous, car la prévention des accidents de la route est une condition indispensable à la construction d’une société en bonne santé et résiliente, à l’établissement d’une économie dynamique et innovante, et à la croissance du niveau de vie.

 

Quand les fêtes de fin d'année dansent avec les accidents : Tirons la sonnette d'alarme

Quelles leçons pouvons-nous tirer de la démocratie américaine ?

  L'actualité électorale récente des États-Unis est marquée par une remise en cause de sa démocratie et de la crédibilité de son establishment politique. Une démocratie dite libérale qui jadis était encensée et adulée alors que l'empire soviétique venait de s'effondrer au début des années 1990, voit surgir aujourd'hui des interrogations et des craintes sur son avenir. La racine du mal peut être observée et décelée à la lecture de sa propre constitution. Surtout lorsqu’on sait que deux des quatre présidents élus durant ce siècle ont assumé leur mandat, même après avoir perdu le vote populaire.  En effet, sans ce fameux système de collège électoral, inscrit dans la constitution à la demande insistante des États esclavagistes moins peuplés, Al Gore serait devenu président en 2000 et Hillary Clinton en 2016.

 Le dernier feuilleton auquel on a assisté et qui permet de craindre pour l'avenir de la démocratie dans le pays de l'oncle Sam est la contestation de la victoire du démocrate Joe Biden par le Président sortant républicain Donald Trump.  Revendiquer la victoire alors que le décompte n'est pas fini, parler de fraude, annoncer qu'il va saisir la cour suprême, Trump a défié le système électoral Etats-unien au point de faire basculer la démocratie de ce pays. Une attitude pourtant propre aux responsables politiques en Afrique qui est vecteur des crises post-électorales conduisant à un bicéphalisme de forme ou de fond à la tête de certains pays africains. Mais, contrairement à l'Afrique où ce sont plutôt les partis d'opposition qui accusent la majorité d'orchestrer des manœuvres pour s'assurer de se maintenir au pouvoir _Ad vitam aeternam_, aux Etats-Unis C'est tout le contraire comme en témoigne l'attitude de Trump aujourd’hui, similaire à celle de Barack Obama il y'a 4 ans après la défaite de Hillary Clinton.

  Une situation qui démontre à suffisance qu’aucune démocratie n'est à l'abri de toute contestation.

Car, même les États-Unis qui se targuent d'avoir la plus ancienne constitution démocratique du monde et qu'on désignait encore tout récemment, comme le leader du monde libre n'est pas à l'abri de tout épreuve. Rejet des règles du jeu démocratique ou affaiblissement de l'engagement à respecter ces règles, contestation de la légitimité des présidents élus (Bush en 2000, Obama en 2008, Trump en 2016 et Biden en 2020), incitation à la violence, limitation de la liberté de la presse sont autant des faits marqueurs de la déchéance de cette démocratie.

 Même sur notre continent, nul n'ignore que le chantre de la démocratie ghanéenne dont le monde tout entier saluait la mémoire après sa disparition la semaine passée est JJ Rawling qui a permis à ce pays d'être cité comme référence en matière de démocratie. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Barack Obama n'avait pas manqué de saluer les bienfaits de la démocratie de l'alternance et de la survie des institutions au Ghana dans son discours prononcé le 12 juillet 2009 au palais international des congrès à Accra (Ghana). Mais il n'en demeure pas moins que la démocratie ghanéenne a aussi été ébranlé par quelques secousses telluriques.  En effet lorsque John Dramani Mahama, candidat à un second mandat, a été battu, il y a quatre ans, il a hésité à admettre sa défaite, et même tenté de la contester. Il lui avait alors été discrètement rappelé qu’il n’avait pas le droit de donner du pays l’image d’une démocratie de pacotille. Même Nana Akufo-Addo, en 2012, avait tenté de contester la victoire de John Dramani Mahama, pourtant tranchée par la Cour suprême. Des voix autorisées avaient aussitôt fait comprendre au candidat Akufo-Addo que la démocratie ghanéenne ne pouvait souffrir de tels caprices, et qu’il devait patienter jusqu’à meilleure fortune.

  Des situations qui montrent à quel point que l'on soit en Afrique, aux Etats-Unis voire en Europe, aucune démocratie n'est à l'abri de toute déconvenue.

 

 

Quelles leçons pouvons-nous tirer de la démocratie américaine ?

Cameroun : Le massacre de Kumba suscite des émotions fortes

L'attaque d'une école à Kumba le 25 octobre par les sécessionnistes a fait au moins sept morts et des dizaines de blessés.

Les "ambazoniens" ont franchi la ligne rouge à Kumba. Assez, c'est assez ! Qui aurait cru que ces hommes sans loi s'attaqueraient aux enfants qui ont quitté leurs maisons à la recherche de la connaissance. C'est tout simplement incroyable et imaginable.

Ces criminels ont fait irruption dans le collège Mother Francisca International Bilingual Academy vers 11 heures ce jour-là, avant d'ouvrir le feu sur les élèves de la classe dont l'âge variait entre 9 et 12 ans. Ils ont laissé sur la scène de leur macabre plusieurs corps sans vie dans le bain de sang, sans oublier des blessés qui se trouvent actuellement dans les conditions critiques.

L’impact sur le corps des enfants et dans les salles de classe témoignent de l’ampleur de l’attaque. Ils ne devraient pas normalement tirer sur des enfants innocents ne serait-ce que pour l’amour de leurs populations. Mais cette fusillade montre une fois de plus que ces hommes sans foi ni loi sont capables de tout pour arriver à leurs fins.

Ce carnage justifie leur détermination. Mais la loi reste la loi, les auteurs de ce crime seront traqués et punis par la justice. Ce n'est qu'une question de temps. Les forces armées camerounaises, qui sont déjà dans leur élément, feront le nécessaire pour y parvenir. D'autant plus que ce n'est pas la première fois qu'elles sont confrontées à ce genre de situation. La société civile et la classe politique camerounaise condamnent de trop ces barbaries et demandent la fin de la crise qui dure déjà depuis 4 ans..

Cette attaque contre les écoliers est la pire atrocité depuis la reprise de l'année scolaire le 5 octobre 2020, au cours de laquelle plus d'élèves se sont inscrits dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest que ces dernières années. Ce crime risque de coûter très cher au Cameroun, car le pays est déterminé à reprendre une scolarité normale sur l'ensemble du territoire.

 

 

Avec cette attaque, les séparatistes ont créé la psychose des parents qui ne voudront sûrement pas risquer la vie de leurs enfants en les envoyant à l'école. Une situation à laquelle le gouvernement camerounais devrait rapidement trouver une solution. Sinon, ils ont réussi. Car ils avaient dit avant la rentrée scolaire que les écoles ne reprendraient pas dans leur région.

Depuis le début de cette crise dans les zones anglophones du Cameroun, les ONG estiment que les exactions et les meurtres de civils ont causé plus de 3000 morts et forcé plus de 700.000 personnes à fuir leurs foyers.

Les barbaries commises par les séparatistes sécessionnistes ce samedi à Kumba prouvent qu'ils sont la pire espèce de criminels. Toute la nation camerounaise est contre eux et exige qu'ils soient condamnés de la manière la plus ferme possible par la justice camerounaise. Mais en attendant, les Camerounais réclament la justice divine.

Disons tous non à la barbarie et oui au vivre ensemble. Vive la Kumba, vive le  NOSO  et vive le Cameroun tout entier.

 

Cameroun : Le massacre de Kumba suscite des émotions fortes
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