Cameroun : Human Rights Watch demande une enquête du gouvernement sur l'attaque de Mautu

Cameroun : Human Rights Watch demande une enquête du gouvernement sur l'attaque de Mautu

L'organisation non gouvernementale, Human Rights Watch, a demandé au gouvernement camerounais d'enquêter sur le meurtre de neuf civils le 10 janvier 2021 à Mautu, un village de la subdivision de Muyuka, dans la région du Sud-Ouest.

"Les autorités Camerounaises devraient mettre un frein aux unités abusives et, avec l'aide de l'Union Africaine et des Nations Unies, ouvrir une enquête crédible et impartiale sur les meurtres de Mautu et poursuivre les responsables", a déclaré Ida Sawyer, directrice adjointe de Human Rights Watch pour l'Afrique.

Dans une interview téléphonique réalisée le jeudi 4 février, Human Right Watch a indiqué que l'armée camerounaise aurait tué au moins neuf civils dans la région du Sud-Ouest, le 10 janvier 2021 : "Parmi les morts, on compte une femme et un enfant, et quatre civils ont été blessés. Les soldats ont également pillé des dizaines de maisons et menacé les habitants". Lire le rapport cité sur Cameroun- info.net

Par ailleurs, l'ONG a précisé que le capitaine de vaisseau Atonfack Guemo Cyrille Serge, chef de la division de la communication au ministère de la défense a admis que des soldats du 21e bataillon d'infanterie motorisé ,BIM, ont mené une opération dans le village, mais n'a pas reconnu que les troupes ont tué et blessé des civils.

Selon Ida Sawyer, "Tuer des civils et piller leurs maisons au nom de la sécurité sont des crimes graves contre les droits de l'homme qui alimentent le cycle croissant de violence et d'abus dans les régions anglophones du Cameroun", a-t-elle déclaré.

Selon le rapport de Human Right Watch, un témoin oculaire a confirmé que les meurtres ont été orchestrés par l'armée camerounaise et non par des combattants séparatistes. Les habitants ont déclaré à Human Rights Watch que l'attaque était une représaille contre les populations. L'armée les accuse d'avoir abrité et soutenu les combattants séparatistes. Cinq témoins ont déclaré que, pendant l'attaque, les soldats se sont adressés à de nombreux habitants, dont des femmes, qui avaient été rassemblés au centre du village et les ont menacés.

"Ils nous ont avertis qu'ils reviendraient et tueraient plus de gens si nous ne leur montrions pas où se trouvaient les amba (séparatistes)", a déclaré un homme de 60 ans à Human Rights Watch. Cameroon-info.net cité.

Cependant, ce n'est pas la première fois que l'armée camerounaise est accusée de tuer des civils dans les régions anglophones. En février 2020, les forces gouvernementales sont accusées d'avoir tué 21 civils, dont 13 enfants et une femme enceinte, à Ngarbuh, dans la région du nord-ouest, dans une attaque de représailles contre la population accusée de soutenir les combattants séparatistes. Le gouvernement a d'abord nié la responsabilité de l'armée mais a ensuite mis en place une commission d'enquête qui a conduit à l'arrestation de 2 soldats et d'un gendarme.

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